Dans ce nouvel épisode du podcast « Coopération », animé par Jean-Raphaël DRAHI, nous partons à la rencontre du chef de bataillon Cyprien MARTIN, un officier français engagé dans une mission essentielle de coopération défense sécurité internationale France au Cambodge. Cyprien partage son quotidien et les défis de son rôle au sein du NPMEC à Phnom Penh, un centre crucial pour la formation des forces cambodgiennes destinées aux missions de maintien de la paix de l’ONU.
Le parcours singulier d’un officier au service de la coopération militaire
Cyprien MARTIN, chef de bataillon, a suivi un parcours militaire varié avant de s’engager dans la coopération internationale. Issu d’un cursus semi-direct, il a servi dans diverses unités du Train et du Génie en France. Cette trajectoire atypique, marquée par une quête constante de changement et d’évolution, l’a naturellement mené vers la Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense (DCSD). Sa première rencontre avec la DCSD et le Cambodge a eu lieu lors d’une mission d’expertise en 2018, une expérience immersive qui a éveillé son intérêt pour la culture khmère et le milieu militaire local, le poussant à postuler pour un poste de coopérant. Son profil polyvalent et son expérience d’instructeur ont été des atouts majeurs pour sa sélection.
La mission de Cyprien au cœur de la coopération militaire Cambodge maintien paix
Depuis un an et demi, Cyprien MARTIN officie en tant que conseiller français auprès du général directeur Monsieur Reynie, le dirigeant du NPMEC (National Peacekeeping, Mine Action and Explosive Remnants of War Centre) à Phnom Penh. Ses missions, pour un mandat qu’il souhaite prolonger à trois ans, s’articulent autour de trois axes principaux. La première est la préparation opérationnelle des futurs casques bleus cambodgiens. Il organise en moyenne cinq à sept stages par an, certains calqués sur les standards de l’ONU pour la certification, d’autres adaptés aux besoins spécifiques des troupes avant projection. Il met également en place un stage international d’envergure, soutenu par la DCSD, réunissant de nombreuses nationalités. Sa deuxième casquette est celle de conseiller stratégique, où il apporte son expertise sur l’organisation interne, l’acquisition de matériel ou la gestion des ressources humaines du NPMEC. Enfin, Cyprien est activement impliqué dans la formation en français des casques bleus, essentielle pour maintenir un vivier francophone capable d’opérer sur les théâtres d’opérations francophones.
Le NPMEC est une structure cambodgienne, créée en 2009 sur les fondations d’un ancien centre de déminage. Sa mission est d’envoyer des troupes cambodgiennes dans les opérations de maintien de la paix sous mandat de l’ONU, une démarche initiée en 2005. L’organisme possède une double subordination aux ministères des Affaires étrangères et de la Coopération nationale, ainsi qu’au ministère de la Défense. Son état-major est situé à Phnom Penh, complété par deux centres de formation en province, à Odong et Kampong. La France, avec la présence quotidienne de Cyprien, occupe une place privilégiée au sein de cette organisation, favorisée par les liens historiques entre les deux nations.
Défis culturels et l’importance des relations humaines pour un coopérant
Travailler en tant que coopérant au Cambodge représente un défi d’adaptation quotidien. Cyprien souligne les différences marquées entre la culture cambodgienne et la culture française, que ce soit dans les codes professionnels, les rythmes de vie ou les habitudes alimentaires. L’intégration réussie passe par une immersion totale et une volonté constante de s’adapter, de comprendre et de respecter les spécificités locales. Gagner la confiance des interlocuteurs cambodgiens est un processus qui demande du temps, du travail et des résultats concrets, au-delà de l’accueil chaleureux initial.
Les relations humaines sont au cœur de la mission de Cyprien, occupant une place aussi cruciale que les compétences techniques. Le chef de bataillon MARTIN insiste sur la nécessité d’avoir un esprit ouvert, de dépasser la barrière de la langue et d’aller constamment vers les autres, de poser des questions et de provoquer les échanges. Cette capacité à établir et entretenir des liens est essentielle, d’autant plus que le coopérant peut se sentir isolé dans son quotidien. En tant que représentant de la France, chaque mot et chaque action de Cyprien portent un poids diplomatique, nécessitant une prudence et une réflexion constantes.
Les qualités essentielles du coopérant et les leçons de l’engagement international
Si un camarade devait prendre sa relève, Cyprien mettrait en avant trois qualités primordiales pour un coopérant à son poste : une grande autonomie, un sens aigu des relations humaines et une humilité profonde. L’autonomie est indispensable car, malgré le soutien de la DCSD, le coopérant est souvent seul pour planifier et conduire ses projets. Le sens du relationnel et la curiosité pour les autres sont fondamentaux pour naviguer dans un environnement culturellement différent. Enfin, l’humilité permet d’accepter les surprises, les déconvenues et d’apprendre d’un milieu inconnu. De son expérience, Cyprien rapporte une immense humilité face aux moyens dont dispose l’armée française comparé à d’autres nations, ainsi qu’une ouverture d’esprit significative, particulièrement enrichissante pour sa famille. Il conclut en exprimant son grand bonheur d’être un coopérant, un rôle qui lui permet de ressentir l’utilité concrète de son action et d’en voir les effets, faisant de cette mission un défi extraordinairement satisfaisant.
Références de l’épisode
- Personnes
- Cyprien MARTIN, Chef de bataillon, coopérant au Cambodge
- Monsieur Reynie, Général, directeur du NPMEC
- Organisations
- Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense (DCSD)
- Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE)
- Organisation des Nations Unies (ONU)
- National Peacekeeping, Mine Action and Explosive Remnants of War Centre (NPMEC)
- 121e régiment du Train
- École militaire interarmes
- 1er REG
- SNAKE
- 6e RG
- Lieux
- Cambodge
- Phnom Penh (Cambodge)
- Odong (Cambodge)
- Kampong (Cambodge)
- France
- La Rochelle (France)
- Saint-Maixent (France)
- Mont Léry (France)
- Paris (France)
- Soudan
- Vietnam
Sommaire de l’épisode
- 01:04: Présentation du chef de bataillon Cyprien MARTIN
- 01:36: Son parcours militaire et les raisons de son engagement
- 02:37: La découverte de la DCSD et la motivation à devenir coopérant
- 04:53: Les missions de Cyprien au sein du NPMEC au Cambodge
- 07:32: Comprendre le NPMEC : structure cambodgienne et internationale
- 08:53: Travailler sous mandat de l’ONU et la certification des stages
- 10:28: Les grands projets en cours, dont la création d’une FOB d’entraînement
- 12:14: La place particulière de la France et son représentant au NPMEC
- 13:04: L’adaptation aux différences culturelles cambodgiennes
- 14:33: Comment gagner la confiance des interlocuteurs locaux
- 15:17: L’équilibre entre compétences professionnelles et relations humaines
- 17:05: Le rôle d’ambassadeur de la France en mission
- 18:15: Les qualités essentielles d’un coopérant : autonomie, relations humaines, humilité
- 19:18: Les enseignements personnels et professionnels de l’expérience
- 20:19: Conseils avisés à un futur coopérant
- 21:22: Le témoignage d’un coopérant heureux et satisfait
F.A.Q. de l’épisode
Quel est le rôle du chef de bataillon Cyprien MARTIN dans la coopération militaire Cambodge maintien paix ?
Le chef de bataillon Cyprien MARTIN est coopérant français au Cambodge, conseiller du général directeur du NPMEC à Phnom Penh. Ses missions principales incluent la préparation opérationnelle des casques bleus cambodgiens pour les missions de maintien de la paix de l’ONU, le conseil stratégique pour le développement du NPMEC et la formation en français des troupes.
Qu’est-ce que le NPMEC et quelle est son importance pour le Cambodge ?
Le NPMEC (National Peacekeeping, Mine Action and Explosive Remnants of War Centre) est une structure cambodgienne, créée en 2009, dédiée à la formation des troupes pour les opérations de maintien de la paix sous mandat de l’ONU. Il est subordonné aux ministères cambodgiens des Affaires étrangères et de la Coopération nationale, et de la Défense, jouant un rôle clé dans la contribution du Cambodge aux efforts de paix internationaux.
Comment Cyprien a-t-il été amené à travailler dans la coopération défense sécurité internationale France ?
Cyprien MARTIN a découvert la Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense (DCSD) lors d’une mission d’expertise au Cambodge en 2018. Cette expérience immersive l’a motivé à postuler pour un poste de coopérant, son parcours varié d’officier et ses aptitudes ayant été jugés pertinents pour les missions de la DCSD.
Quels sont les principaux défis de l’adaptation culturelle pour un coopérant au Cambodge ?
L’adaptation à la culture cambodgienne est un défi majeur en raison des différences de codes professionnels, de rythmes de vie et de communication. Cyprien souligne l’importance de l’immersion, de la patience, et des relations humaines pour s’intégrer, gagner la confiance et surmonter la barrière de la langue.
Quelles sont les qualités essentielles pour réussir en tant que coopérant sur un poste de coopération défense sécurité internationale France ?
Selon Cyprien MARTIN, les qualités fondamentales pour un coopérant sont une grande autonomie, car le poste implique souvent de travailler seul, un sens aigu des relations humaines pour interagir et créer du lien dans un environnement étranger, et une humilité profonde pour apprendre et s’adapter aux réalités locales.