Dans ce nouvel épisode du podcast « Coopération », Jean-Raphaël DRAHI reçoit le capitaine de corvette Stéphane BENEZECH. Officier de Marine avec plus de 17 ans de carrière, Stéphane est aujourd’hui coopérant de la Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense (DCSD) au Bénin. Il partage les coulisses de sa mission au sein des Forces Armées Béninoises (FAB), un engagement stratégique et passionnant, au cœur de la coopération défense sécurité internationale française.
Un parcours riche au service de la coopération défense sécurité internationale
Stéphane BENEZECH, natif de Brest, a débuté sa carrière dans la Marine nationale en 2006. Son parcours opérationnel classique l’a mené à naviguer douze ans sur des patrouilleurs et frégates, et même à commander le bâtiment hydrographique *Lapérouse*. Il a également occupé des postes à terre, notamment comme chef de cabinet d’un amiral des forces sous-marines et responsable du recrutement pour la Marine nationale dans le Grand Ouest de la France. Ces expériences variées l’ont préparé à sa mission actuelle de coopérant militaire à Cotonou, au Bénin. L’attrait pour le Golfe de Guinée s’est forgé lors de ses deux missions Corymbe en 2009 et 2016, durant lesquelles il a découvert et apprécié la région et ses habitants, ainsi que le travail passionnant des coopérants de la Marine. Cette envie de vivre et d’œuvrer dans cette zone l’a naturellement conduit à postuler à un appel d’offre de la DCSD, concrétisant son souhait de s’engager dans la coopération sécurité maritime Golfe de Guinée Bénin.
L’immersion d’un officier inséré au Bénin
Arrivé en août, Stéphane BENEZECH est aujourd’hui « officier inséré » auprès des Forces Armées Béninoises. Sa mission, officiellement intitulée « Appui à l’action de l’État en mer », le place comme conseiller du Préfet maritime et du Chef d’état major de la Marine béninoise. Il les accompagne dans le développement de leurs entités et la conduite de leurs actions en mer et sur le fleuve. Son intégration est profonde : il partage ses bureaux avec des marins béninois à l’état-major de la Marine et à la préfecture maritime, porte l’uniforme de la Marine béninoise et utilise un véhicule aux plaques militaires locales. 90% de son temps est consacré à ces interactions directes, le reste étant dédié aux échanges avec l’Ambassade de France, notamment l’Attaché de défense, et l’organisme de soutien CSD, essentiel pour l’appui financier et logistique. Stéphane souligne une « fraternité de marins », un lien fort basé sur les expériences partagées en mer.
L’Action de l’État en Mer : un pilier de la coopération sécurité maritime au Bénin
La mission principale de Stéphane s’articule autour de l’Action de l’État en Mer (AEM), une doctrine qui définit les rôles de la préfecture maritime et de la Marine nationale. Cette coopération sécurité maritime Golfe de Guinée Bénin se concentre sur quatre axes majeurs : la lutte contre la piraterie, les activités illicites (comme le narcotrafic), les pollutions maritimes et la pêche illégale. Un cinquième axe concerne l’armement et la gestion des bases fluviales situées sur le Fleuve Niger, à la frontière avec le Niger. Historiquement dédiées à la lutte contre les trafics, ces bases adaptent désormais leurs missions pour faire face aux défis sécuritaires contemporains, notamment la menace terroriste dans le nord du pays. La présence de Stéphane est donc cruciale pour renforcer les capacités béninoises face à ces enjeux complexes.
Les quatre vecteurs clés de la coopération opérationnelle et de formation
La stratégie de Stéphane BENEZECH repose sur quatre piliers pour maximiser l’efficacité de la coopération :
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Le conseil : Fort de son expérience opérationnelle, notamment dans la lutte contre la pêche illicite en Guyane ou le narcotrafic, Stéphane partage son savoir-faire. Il s’appuie également sur son réseau de camarades marins pour obtenir des conseils dans des domaines spécifiques où son expertise est moindre, comme pour la montée en puissance du groupe de fusiliers marins béninois.
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La formation : De multiples opportunités de formation sont mises en place pour les marins béninois. Stéphane intervient directement au Centre opérationnel de la Marine (C COM) pour conseiller les chefs et opérateurs lors d’opérations ou d’exercices. Des spécialistes des Éléments Français au Sénégal (EFS Dakar) sont régulièrement sollicités (guetteurs sémaphores, plongeurs, mécaniciens navals). Des renforts de fusiliers marins français peuvent également venir. Les navires français en mission Corymbe (comme le *Mistral* ou le *Ventôse*) offrent des formations et des embarquements précieux : deux jeunes officiers béninois ont par exemple embarqué sur le *Ventôse* pour un mois et demi, traversant l’Atlantique jusqu’à Fort-de-France. Des écoles régionales (ENVR à Tika, ISMI à Abidjan) et des formations en France (École navale, École de guerre, Brest, Saint-Mandrier) complètent ce dispositif, renforçant considérablement les compétences des militaires béninois.
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L’expertise : Des missions d’expertise sont organisées avec des experts français (par exemple, le Cèdre pour les pollutions maritimes) afin de réaliser des audits et proposer des plans d’action pour améliorer les capacités opérationnelles du Bénin.
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L’aide au renforcement capacitaire : Ce vecteur vise à acquérir du matériel essentiel pour les Forces Armées Béninoises, comme des radars pour la chaîne Sémaphore ou des moyens nautiques pour les bases fluviales. Ces acquisitions sont financées par des fonds français (DCSD, État-Major des Armées) ou européens, et sont directement liées aux besoins identifiés par le conseil, la formation et l’expertise.
Une coopération défense sécurité internationale axée sur l’adaptation
Stéphane BENEZECH insiste sur l’importance d’être « force de proposition » tout en restant à l’écoute des besoins du partenaire béninois. Son rôle n’est pas d’imposer le modèle français d’action de l’État en mer, mais de s’appuyer sur sa connaissance de ce modèle pour l’adapter aux spécificités et contraintes du Bénin. Il souligne que la zone économique exclusive (ZED) béninoise est bien différente de celle de la France, nécessitant des approches sur mesure. Les actions de coopération défense sécurité internationale France sont ainsi constamment ajustées pour répondre au mieux aux attentes exprimées par le Préfet maritime et le Chef d’état-major de la Marine béninoise, assurant une pertinence et une efficacité maximales.
Exercices conjoints et rayonnement international
La coopération sécurité maritime Golfe de Guinée Bénin se concrétise également par la participation à des exercices internationaux. Stéphane a activement préparé et dirigé la participation du Bénin à l’exercice annuel Grand African Nemo, organisé par la préfecture maritime de Brest. Cet exercice mobilise de nombreux pays du Golfe de Guinée, d’autres pays africains et européens, et même des nations sud-américaines comme le Brésil, pour s’entraîner à faire face aux menaces maritimes (pollution, narcotrafic). Le stage embarqué Sirène 23, qui a eu lieu à bord du *Mistral*, a permis à des officiers et officiers mariniers de plusieurs pays du Golfe de Guinée de se perfectionner en opérations maritimes. Ces initiatives renforcent la capacité régionale à agir de manière coordonnée et constituent un excellent vecteur de rayonnement pour la Marine béninoise et la coopération française.
Le rôle d’ambassadeur de la France et la satisfaction du coopérant
En tant qu’officier inséré, Stéphane BENEZECH est conscient de son rôle de représentant de la France, même s’il n’est pas l’ambassadeur officiel. Son comportement et ses actions sont perçus comme ceux d’un Français, ce qui demande une attention particulière. Il constate avec satisfaction que la France jouit d’une bonne image au Bénin, facilitant grandement la coopération. Sa vision de la DCSD est très positive, confirmant ses impressions initiales lors de ses missions Corymbe. Il souligne l’engagement, le dynamisme et la motivation des coopérants qui ne ménagent pas leurs efforts, obtenant des résultats concrets et la reconnaissance des partenaires. Les qualités essentielles pour ce poste, selon Stéphane, sont l’écoute, la compréhension des besoins du partenaire, l’adaptabilité et la capacité à conseiller sans imposer. Pour lui, cette expérience est une grande chance, enrichissant son parcours professionnel et personnel, et il se déclare « très très heureux » d’être un coopérant de la DCSD à Cotonou.
Références de l’épisode
- Personnes
- Stéphane BENEZECH : Capitaine de corvette, officier de Marine, coopérant de la DCSD au Bénin
- Jean-Raphaël DRAHI : Hôte du podcast
- Préfet maritime (Bénin)
- Chef d’état-major de la Marine (Bénin)
- Amiral des forces sous-marines (France)
- Cland : Préfet maritime de Brest
- Organisations
- Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense (DCSD)
- Forces Armées Béninoises (FAB)
- Marine nationale (France)
- Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE)
- Éléments Français au Sénégal (EFS)
- Cèdre : Centre de documentation de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux
- Union européenne
- Œuvres et missions
- Missions Corymbe
- Bâtiment hydrographique *Lapérouse*
- Bâtiment de projection et de commandement *Mistral*
- Patrouilleur *Ventôse*
- Exercice Grand African Nemo
- Stage embarqué Sirène 23
- École Nationale à Vocation Régionale (ENVR) de Tika
- Institut de Sécurité Maritime Inter-régionale (ISMI) d’Abidjan
- École navale (France)
- École de guerre (France)
- Lieux
- Bénin
- Cotonou
- Golfe de Guinée
- Brest (France)
- Guyane (France)
- Dakar (Sénégal)
- Pointe-Noire (Congo)
- Abidjan (Côte d’Ivoire)
- Lorient (France)
- Fleuve Niger
- Tika (Guinée équatoriale)
- Fort-de-France (France)
- Toulon (France)
- Paris (France)
- Saint-Mandrier (France)
Sommaire de l’épisode
- Présentation de Stéphane et son parcours (01:53)
- La mission de coopérant DCSD au Bénin (03:30)
- Pourquoi cette affectation ? Les missions Corymbe (04:59)
- Le premier contact avec les homologues béninois (07:28)
- Gagner et maintenir la confiance (09:02)
- Le quotidien d’un coopérant de la DCSD au Bénin (10:27)
- La fraternité des marins (13:36)
- L’Action de l’État en Mer au Bénin (14:08)
- Les quatre vecteurs de coopération (15:53)
- Le conseil et l’expertise opérationnelle (16:31)
- Les actions de formation au profit des marins béninois (18:27)
- Renforcement capacitaire et acquisition de matériel (24:46)
- La force de proposition du coopérant (25:30)
- L’importance de l’adaptation aux besoins du partenaire (26:51)
- L’exercice Grand African Nemo (28:34)
- Le regard du coopérant sur les missions Corymbe et Sirène 23 (30:26)
- Le rôle d’ambassadeur de la France (33:56)
- La vision de la DCSD par Stéphane (35:29)
- Qualités nécessaires pour être coopérant (36:47)
- Un coopérant heureux (39:00)
F.A.Q. de l’épisode
Quels sont les objectifs de la coopération défense sécurité internationale au Bénin ?
Les objectifs de la coopération défense sécurité internationale au Bénin, menée par la DCSD, visent à renforcer les capacités des Forces Armées Béninoises en matière de sécurité maritime. Cela inclut la lutte contre la piraterie, les narcotrafics, la pêche illicite et les pollutions maritimes, ainsi que la sécurisation des bases fluviales sur le Fleuve Niger, contribuant ainsi à la stabilité et au développement du pays.
Comment le capitaine de corvette Stéphane BENEZECH renforce-t-il la coopération sécurité maritime dans le Golfe de Guinée ?
Le capitaine de corvette Stéphane BENEZECH renforce la coopération sécurité maritime dans le Golfe de Guinée en agissant comme conseiller, expert et formateur auprès du Préfet maritime et du Chef d’état-major de la Marine béninoise. Il partage son expérience opérationnelle, organise des formations (sur place, régionales, en France), facilite l’expertise externe et œuvre au renforcement capacitaire par l’acquisition de matériel, le tout adapté aux besoins spécifiques du Bénin.
En quoi consiste l’intégration de Stéphane BENEZECH au sein de la marine béninoise ?
Stéphane BENEZECH est un « officier inséré », ce qui signifie qu’il travaille directement au sein des Forces Armées Béninoises. Il partage ses bureaux avec des marins béninois, porte leur uniforme et utilise un véhicule militaire béninois. Il est au contact quotidien de ses homologues, favorisant une collaboration étroite et un sentiment de « fraternité de marins », tout en gardant un lien avec l’Ambassade de France pour le compte rendu et le soutien.
Quels types de formations sont offertes aux marins béninois grâce à la coopération avec la France ?
Grâce à la coopération, les marins béninois bénéficient de formations variées : des conseils et entraînements directement dispensés par Stéphane au Centre opérationnel de la Marine, des interventions de spécialistes des Éléments Français au Sénégal, des formations à bord des navires français en mission Corymbe, des stages dans des écoles régionales (ENVR, ISMI) et des cursus plus longs au sein d’écoles militaires en France (École navale, École de guerre, Brest, Saint-Mandrier).
Quel est le rôle de la DCSD dans la lutte contre la piraterie et les narcotrafics en Afrique de l’Ouest ?
La DCSD joue un rôle crucial dans la lutte contre la piraterie et les narcotrafics en Afrique de l’Ouest en déployant des coopérants comme Stéphane BENEZECH. Ces experts renforcent les capacités des marines partenaires via le conseil, la formation, l’expertise et le renforcement matériel, permettant aux pays comme le Bénin de mener efficacement des actions de l’État en mer et de contribuer à la sécurité régionale.
Comment les exercices comme Grand African Nemo contribuent-ils à la sécurité régionale ?
L’exercice Grand African Nemo, organisé annuellement, est essentiel pour la sécurité régionale car il entraîne les marines du Golfe de Guinée et leurs partenaires internationaux à faire face collectivement à diverses menaces maritimes (pollution, narcotrafic, piraterie). Il permet des interactions multilatérales et des débriefings pour identifier les axes d’amélioration, renforçant ainsi la coordination et l’efficacité des opérations de sécurité maritime.
Quelles qualités sont jugées essentielles pour un coopérant de la DCSD comme Stéphane BENEZECH ?
Selon Stéphane BENEZECH, les qualités essentielles pour un coopérant de la DCSD sont l’écoute attentive des besoins du partenaire, la compréhension de ses contraintes, la capacité à conseiller sans jamais imposer, une grande adaptabilité aux nouvelles situations et un fort dynamisme. Ces qualités sont cruciales pour bâtir une confiance durable et assurer le succès des missions de coopération défense sécurité internationale.