Bienvenue sur Raconte-moi une OPEX, le podcast de l’Office national des combattants et des victimes de guerre. Pour cet épisode captivant, Jean-Raphaël DRAHI reçoit Jean-Marie BRUNEL, un ancien sous-officier de l’armée de Terre, démineur de profession, pour un témoignage vétéran d’OPEX riche en expériences. Accompagné de Raphaël, lycéen curieux et engagé, Jean-Marie revient sur un parcours militaire exceptionnel, marqué par l’engagement, le danger et une volonté inébranlable de servir.

L’engagement et le métier de démineur

Jean-Marie BRUNEL, qui s’est engagé sur un « coup de tête » en 1975, a rapidement trouvé sa vocation au sein de l’arme du génie, cette composante de l’armée de Terre essentielle pour « ouvrir et fermer » les zones de conflit. Après une formation à l’école des sous-officiers à Angers, il se spécialise dans le déminage anti-terrorisme à Paris en 1983. Cette spécialisation le mène dès 1984 en Martinique, où il est affecté en tant que démineur pour gérer de nombreux colis piégés dans le port de Fort-de-France. Jean-Marie évoque l’adrénaline et la concentration nécessaires à ce métier hors du commun, un témoignage ancien démineur OPEX qui illustre les défis d’une carrière passée à manipuler des explosifs. Il souligne également l’importance fondamentale de la cohésion au sein des équipes, un pilier de la vie militaire qui permet de surmonter les doutes et les peurs.

Au cœur des opérations extérieures : des missions cruciales

Le parcours de Jean-Marie est jalonné de nombreuses opérations extérieures, où son expertise de démineur a été mise à rude épreuve. Sa première OPEX l’a plongé au cœur de la Guerre du Golfe en 1990. Envoyé en urgence à Koweït City en 48 heures, sa mission consistait à déminer les puits d’eau de la ville, souvent avec un équipement rudimentaire, notamment un simple « couteau suisse » pour désactiver les munitions non explosées. Cette expérience fut un véritable baptême du feu, marquant le retour de la France dans un conflit majeur. Quelques années plus tard, en 2000, il est déployé au Kosovo pour l’opération de l’OTAN. Cette mission, différente de la précédente, le voit intervenir sur des colis piégés et des pièges de maisons, bénéficiant cette fois d’un matériel plus moderne et d’une collaboration efficace avec des démineurs belges. Mais c’est au Cambodge, lors d’une mission de l’ONU, que Jean-Marie se souvient d’une intervention particulièrement marquante : la neutralisation d’une mine artisanale camouflée dans un arbre, une des nombreuses mines disséminées dans les rizières du pays, représentant un danger constant pour la population. Ces témoignages vétérans OPEX rappellent l’importance de ces opérations pour rendre des zones accessibles, comme son passage en Angola. Il explique gérer la peur en restant « focus » sur la tâche, l’émotion ne venant qu’après l’action, et l’importance cruciale de la préparation.

Le retour et l’engagement auprès de l’ONACVG

Après 27 ans de service et de multiples opérations en France et à l’étranger, Jean-Marie prend sa retraite de l’armée. C’est en 1994, via la Fédération nationale des Anciens des missions extérieures, qu’il découvre l’Office national des combattants et des victimes de guerre (ONaCVG). Alors qu’il n’en avait pas eu connaissance durant sa carrière active, l’ONaCVG est devenu un acteur majeur de son après-vie militaire. Il y trouve un espace d’échange avec d’autres vétérans d’OPEX, leur permettant de partager des expériences que seuls ceux qui les ont vécues peuvent comprendre. Jean-Marie souligne que désormais, la liaison avec l’ONaCVG est automatique pour les détenteurs de la carte du combattant, un droit acquis après une OPEX. Aujourd’hui, il participe activement au programme mémoire des OPEX de l’ONaCVG, où il témoigne auprès des jeunes lycéens et collégiens. Cette transmission est pour lui essentielle : elle permet de sensibiliser les nouvelles générations à des conflits et des réalités souvent absents des manuels d’histoire, de Koweït au Cambodge en passant par l’Angola, et de faire perdurer la mémoire de ces engagements.

Références de l’épisode

  • Personnes
    • Jean-Marie BRUNEL (ancien sous-officier démineur)
    • Jean-Raphaël DRAHI (hôte du podcast)
    • Raphaël (lycéen)
  • Œuvres
    • Film : Démineurs
  • Lieux
    • Angola
    • Cambodge
    • Fort-de-France
    • Koweït
    • Koweït City
    • Kosovo
    • Martinique
    • Nîmes
    • Paris

Sommaire de l’épisode

  • 00:02:11:18 – Bienvenue et présentation de l’invité Jean-Marie BRUNEL
  • 00:03:42:18 – L’engagement militaire sur un coup de tête
  • 00:04:31:24 – Parcours militaire et formation dans le génie, spécialité déminage
  • 00:05:38:10 – L’importance de la cohésion dans la vie militaire
  • 00:06:31:02 – Le choix du métier de démineur et la gestion de l’adrénaline
  • 00:08:59:18 – Départ en opérations extérieures : la Guerre du Golfe en 1990
  • 00:10:39:15 – La préparation à la mission et l’éloignement familial
  • 00:11:27:24 – Déminage des puits d’eau à Koweït City avec un équipement limité
  • 00:13:07:16 – Les missions au Kosovo en 2000 et la collaboration franco-belge
  • 00:14:20:20 – Le déminage au Cambodge : une mine artisanale dans un arbre
  • 00:15:56:04 – La gestion de la peur et la préparation mentale en OPEX
  • 00:17:11:04 – L’importance des opérations extérieures et la mission en Angola
  • 00:18:57:18 – Le retour à la vie civile et la découverte de l’ONaCVG
  • 00:20:47:22 – Le programme mémoire des OPEX et la transmission aux jeunes générations

F.A.Q. de l’épisode

  • Quel est le parcours de Jean-Marie, ancien démineur OPEX ?

    Jean-Marie BRUNEL s’est engagé dans l’armée de Terre en 1975, se spécialisant dans le génie puis le déminage. Il a servi en France, en Martinique, et en opérations extérieures pendant 27 ans, notamment lors de la Guerre du Golfe, au Kosovo, au Cambodge et en Angola.

  • Comment Jean-Marie a-t-il géré les dangers de ses missions de déminage en opérations extérieures ?

    Face au danger, Jean-Marie et ses collègues misent sur la cohésion, la discussion avant chaque intervention et la préparation mentale. Il décrit l’adrénaline comme un moteur, la peur ne se manifestant qu’après la mission, une fois le travail accompli.

  • Quelles ont été les missions les plus marquantes du témoignage ancien démineur OPEX de Jean-Marie ?

    Parmi ses missions les plus marquantes, Jean-Marie évoque le déminage des puits d’eau à Koweït City pendant la Guerre du Golfe avec un équipement rudimentaire, ainsi que la neutralisation d’une mine artisanale camouflée dans un arbre au Cambodge, un souvenir particulièrement poignant.

  • Quel rôle joue l’ONACVG dans le parcours des vétérans d’OPEX comme Jean-Marie BRUNEL ?

    L’Office national des combattants et des victimes de guerre (ONACVG) offre un cadre pour les anciens militaires comme Jean-Marie, leur permettant de se retrouver, de discuter de leurs expériences et de participer à des programmes de mémoire. La carte du combattant, liée à l’OPEX, les connecte automatiquement à l’ONACVG.

  • Pourquoi Jean-Marie insiste-t-il sur la transmission de son expérience de vétéran d’OPEX ?

    Jean-Marie estime qu’il est crucial de sensibiliser les jeunes générations aux réalités des conflits récents et des opérations extérieures. Transmettre son vécu permet de faire comprendre les défis rencontrés, les différences culturelles et l’importance du service, des aspects souvent méconnus des jeunes.