Bienvenue dans un nouvel épisode de Coopération, le podcast qui explore les missions de la Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense (DCSD). Pour ce huitième opus, l’hôte Jean-Raphaël DRAHI nous emmène à Abidjan, en Côte d’Ivoire, pour rencontrer Charly, sous-directeur du centre d’entraînement des forces spéciales de l’Académie Internationale de Lutte Contre le Terrorisme (AILCT). Charly, coopérant passionnant et passionné, nous fait découvrir cette institution unique, véritable symbole de la coopération franco ivoirienne contre le terrorisme en Afrique.

L’AILCT : un projet de coopération défense sécurité internationale France unique en son genre

L’Académie Internationale de Lutte Contre le Terrorisme est née en 2017 d’un projet franco-ivoirien, inaugurée en juin 2021 par le Premier ministre ivoirien et Jean-Yves Le Drian, alors ministre français. Sa gouvernance, élargie à seize membres internationaux, témoigne de son envergure. L’AILCT poursuit trois objectifs majeurs : créer une communauté et une culture du contre-terrorisme commune aux forces africaines et à leurs partenaires, renforcer les capacités opérationnelles des unités antiterroristes, et améliorer la coordination interministérielle entre les acteurs de la défense, de la justice, de l’intérieur et des finances. Structurée en trois piliers — une école interministérielle des cadres, un complexe d’entraînement des forces spéciales et un institut de recherche stratégique — l’Académie offre une approche globale et pluridisciplinaire. Implantée à Jacqueville, à 45 kilomètres à l’ouest d’Abidjan, elle dispose d’une zone administrative et d’une zone d’entraînement étendue de 1200 hectares.

Le rôle du coopérant Charly au sein de l’AILCT

Arrivé en juillet 2022, Charly est le sous-directeur du pilier deux, le centre d’entraînement des forces spéciales et des unités d’intervention spécialisées. Sous la direction d’un général ivoirien, il met son expertise au service de l’Académie à travers plusieurs missions clés. Celles-ci incluent la conception, la planification et la conduite des stages, le suivi des infrastructures en liaison avec les acteurs économiques et étatiques, la contribution à l’élaboration et au suivi du budget de l’Académie, et son rôle d’expert en contre-terrorisme au sein des différentes formations. Son quotidien illustre l’importance d’une coopération défense sécurité internationale France efficace sur le terrain.

Une approche globale et adaptée pour la coopération franco ivoirienne contre terrorisme

Ce qui distingue l’AILCT des autres centres de formation mondiaux, c’est son approche globale de la lutte contre le terrorisme, intégrant un institut de recherche stratégique. Elle dispense des formations qui visent à structurer les capacités complètes des États. L’Académie accueille une grande diversité de participants — militaires, policiers, gendarmes, magistrats, agents pénitentiaires et douaniers — issus d’une trentaine de pays africains, qu’ils soient agents, cadres ou hauts fonctionnaires. Les formations couvrent l’ensemble du spectre du terrorisme et du contre-terrorisme : prévention, aspects sociaux, politiques, économiques, financiers, aide aux victimes, intervention armée, renseignement et traitement judiciaire. Charly souligne que l’objectif n’est pas de proposer une « formation à la française », mais bien une approche qui s’adapte aux besoins spécifiques des différents pays et contextes africains, un aspect essentiel pour une coopération défense sécurité internationale France pertinente et efficace. Les retours d’expérience (RETEX) des stagiaires et des experts sont d’ailleurs systématiquement collectés pour affiner continuellement les programmes.

L’engagement de la France et l’avenir de l’Académie

La France joue un rôle central dans l’AILCT, une preuve de l’excellence de la coopération franco ivoirienne contre terrorisme. Elle a non seulement eu l’idée de ce projet ambitieux, mais elle est également activement impliquée dans l’administration de l’Académie, avec sept coopérants français affectés à ce jour. Elle assure l’encadrement de la quasi-totalité des stages en mobilisant des experts issus d’unités d’élite et de services spécialisés français comme le Commandement des opérations spéciales, la Direction du renseignement militaire, le GIGN ou le Parquet national antiterroriste. En tant que membre fondateur, la France dispose d’une voix délibérative et d’un droit de veto. L’avenir de l’AILCT est très prometteur : l’année 2023 a marqué une ouverture internationale de sa gouvernance et des projets d’extension d’infrastructures sont en cours, incluant de nouveaux bâtiments, une piste 4×4, une piste d’atterrissage et des zones d’entraînement spécialisées. De nouvelles ressources humaines sont également prévues, et l’arrivée de partenaires comme l’Allemagne témoigne de l’attrait grandissant de ce modèle de coopération internationale.

L’importance de la confiance et de l’adaptabilité pour les coopérants

Charly insiste sur le fait que le succès de l’AILCT repose sur une relation de confiance historique et solide entre la France et la Côte d’Ivoire. Cette amitié et ce partenariat sont quotidiens et essentiels à la concrétisation et au développement rapide du projet. En tant que coopérant, Charly met en lumière l’importance de sortir de sa zone de confort, de ne pas raisonner uniquement par corps de métier, et d’être un relais indispensable entre la France et le pays partenaire. L’intégration parfaite aux contraintes du partenaire tout en mesurant celles de la partie française est décisive. Pour Charly, la confiance et les relations humaines sont au cœur de cette mission, rendant son expérience en Côte d’Ivoire particulièrement enrichissante et gratifiante.

Références de l’épisode

  • Personnes
    • Charly, sous-directeur du centre d’entraînement des forces spéciales de l’AILCT
    • Jean-Raphaël DRAHI, hôte du podcast
    • Jean-Yves Le Drian, ancien ministre des Affaires étrangères
  • Lieux
    • Abidjan, Côte d’Ivoire
    • Jacqueville, Côte d’Ivoire
    • Côte d’Ivoire
    • Jordanie
    • Cameroun
    • Afrique
    • Paris
    • Quai d’Orsay

Sommaire de l’épisode

  • 00:01:04:12 – Présentation de Charly et l’AILCT
  • 00:02:04:11 – Objectifs et structure de l’AILCT
  • 00:04:07:11 – Le rôle de Charly en tant que coopérant
  • 00:04:53:13 – La singularité de l’approche de l’AILCT
  • 00:06:20:13 – Une approche globale et novatrice
  • 00:07:04:17 – Le rôle central de la France dans le projet
  • 00:09:14:22 – L’adaptabilité des formations face aux enjeux régionaux
  • 00:11:33:01 – Les défis de la formation multinationale
  • 00:13:07:18 – L’évolution constante des programmes
  • 00:14:37:16 – L’intérêt d’autres nations pour l’AILCT
  • 00:15:46:05 – L’attrait des infrastructures d’entraînement de l’AILCT
  • 00:17:08:15 – L’avenir et les grands projets de développement de l’Académie
  • 00:18:43:17 – L’importance de la confiance franco-ivoirienne
  • 00:19:39:09 – Qu’est-ce qu’être un coopérant ?

F.A.Q. de l’épisode

Qu’est-ce que l’Académie Internationale de Lutte Contre le Terrorisme (AILCT) ?

L’AILCT est un projet franco-ivoirien fondé en 2017 près d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. Elle vise à renforcer les capacités de lutte contre le terrorisme en Afrique, en créant une culture commune, en améliorant les capacités opérationnelles des unités spécialisées et en favorisant la coordination interministérielle. Elle est structurée en une école interministérielle des cadres, un complexe d’entraînement des forces spéciales et un institut de recherche stratégique.

Quel est le rôle de la France dans l’AILCT et la coopération défense sécurité internationale ?

La France joue un rôle central dans l’AILCT, initiant le projet et s’impliquant activement dans son administration. Elle affecte du personnel dédié, assure l’encadrement des stages avec des experts de ses unités d’élite (GIGN, DGSI, PNAT, etc.) et, en tant que membre fondateur, dispose d’un droit de veto. Son engagement renforce la coopération défense sécurité internationale et le rayonnement de sa politique étrangère.

Comment l’AILCT adapte-t-elle ses formations contre le terrorisme en Afrique ?

L’AILCT adapte en permanence ses formations aux besoins spécifiques des pays africains et aux stagiaires. L’objectif n’est pas d’imposer un modèle français, mais de proposer une formation pertinente pour les contextes régionaux. Les programmes sont ajustés en discutant avec les partenaires, et les retours d’expérience des stagiaires et experts sont systématiquement utilisés pour optimiser le processus.

Quelle est la singularité de l’approche de l’AILCT en coopération franco ivoirienne contre terrorisme ?

L’AILCT se distingue par son approche globale et pluridisciplinaire de la lutte contre le terrorisme, incluant un institut de recherche stratégique intégré. Elle accueille des participants variés (militaires, policiers, magistrats, douaniers) pour des formations couvrant la prévention, les aspects socio-politiques, économiques, financiers, l’aide aux victimes, l’intervention armée, le renseignement et le traitement judiciaire. Cette approche interministérielle et la diversité des profils formés sont uniques.

Quel est le rôle d’un coopérant comme Charly au sein de l’AILCT ?

En tant que coopérant, Charly contribue à la conception, planification et conduite des stages, assure le suivi des infrastructures, participe à l’élaboration budgétaire et agit comme expert en contre-terrorisme. Son rôle est d’être un relais indispensable entre la France et la Côte d’Ivoire, s’intégrant aux contraintes du partenaire tout en mesurant celles de la partie française, avec une forte dépendance aux relations de confiance et humaines.

Quel est l’avenir de l’AILCT et ses projets de développement ?

L’AILCT connaît une évolution rapide avec une ouverture internationale de sa gouvernance (seize membres). Des projets d’extension d’infrastructures sont prévus, incluant de nouveaux bâtiments, une piste 4×4, une piste d’atterrissage et des zones d’entraînement supplémentaires (maritime, tubulaire). Le renforcement des ressources humaines et l’arrivée de nouveaux partenaires internationaux sont également au programme, promettant un développement significatif de l’Académie.