L’engagement de Guillaume, une vocation familiale post-11 septembre
Dans cet épisode de Raconte-moi une OPEX, Jean-Raphaël DRAHI s’entretient avec Guillaume, ancien militaire reconverti en policier municipal. Son engagement, à l’aube de ses 20 ans, est profondément marqué par un héritage familial militaire et les attentats du 11 septembre 2001. Issu d’une famille où l’on sert dans l’armée de terre, l’armée de l’air ou la gendarmerie, Guillaume a ressenti l’appel du devoir comme une évidence. La volonté de défendre les valeurs du monde occidental face au terrorisme a été le déclencheur. Il raconte comment, alors étudiant en droit, il est entré dans un bureau de recrutement pour de simples renseignements et en est ressorti avec un acte d’engagement, prêt à rejoindre le premier régiment de spahis à Valence.
De la formation à la première mission en OPEX
Le parcours de Guillaume illustre la rigueur de la formation militaire française. Après trois mois de classes pour transformer le jeune civil en soldat, il suit une période de spécialisation pour devenir projetable en mission en six mois. Frustré de voir ses camarades partir pour l’Afghanistan sans lui, il poursuit sa formation pour devenir sous-officier, puis chef de char Leclerc. Ses premières missions l’emmènent en Afrique. D’abord au Sénégal en 2003, au sein des forces prépositionnées du Cap-Vert, pour s’entraîner et former l’armée sénégalaise. Puis, en 2004, il est déployé en Côte d’Ivoire dans le cadre de la force Licorne, sous mandat de l’ONU, avec pour mission de s’interposer entre les factions gouvernementales et rebelles dans la zone de confiance.
Le syndrome post-traumatique, une blessure invisible des vétérans d’OPEX
Guillaume aborde avec une grande sincérité la question de la peur et de ses conséquences psychologiques. Il explique que sur le moment, l’adrénaline et l’entraînement prennent le dessus. « Sur le coup, j’ai eu peur pour mes hommes », confie-t-il. La peur, la vraie, s’installe après, une fois seul sous sa moustiquaire, à repenser aux événements. Ce vécu a laissé des traces profondes, menant à un syndrome post-traumatique militaire OPEX. Diagnostiqué très tardivement, des années après les faits, ce SPT illustre une réalité longtemps taboue dans les armées. Ce n’est que bien plus tard, alors qu’il est en gendarmerie, qu’un médecin militaire identifie sa souffrance et l’oriente vers un suivi psychologique adapté. Ce type de témoignages de vétérans d’OPEX est essentiel pour comprendre l’évolution de la prise en charge de ces blessures invisibles, aujourd’hui reconnues et mieux traitées.
L’accompagnement par l’ONaC-VG et la reconnaissance du statut de combattant
Ressortissant de l’Office national des combattants et des victimes de guerre (ONaC-VG), Guillaume souligne l’importance de cet accompagnement. Connaissant l’organisme grâce à son histoire familiale, il y a trouvé un soutien crucial pour ses démarches administratives, mais aussi une écoute bienveillante. Pour lui, obtenir la carte du combattant, qu’il qualifie de « sésame universel », est une reconnaissance essentielle des sacrifices consentis. Aujourd’hui, bien que discret sur son passé dans son environnement professionnel, il s’investit pour être un relais auprès des jeunes anciens combattants, souvent méconnaissants de leurs droits. Il s’efforce de les guider pour qu’ils obtiennent la reconnaissance et le soutien auxquels ils peuvent prétendre, perpétuant ainsi un lien de solidarité entre générations de soldats.
Références de l’épisode
- Personnes
- Guillaume : invité, ancien militaire
- Jean-Raphaël DRAHI : hôte du podcast
- Christophe : adjudant et camarade de Guillaume
- Œuvres
- Bienvenue chez les Ch’tis : film mentionné
- Lieux
- France : Douai, Cambrai, Lille, Valence (Drôme), Mourmelon (Champagne), Metz, Paris
- Afghanistan
- Afrique
- Sénégal : Cap-Vert
- Côte d’Ivoire : Abidjan, Korhogo
Sommaire de l’épisode
- 00:02:45:16 : L’engagement à 20 ans, une décision marquée par le 11 septembre
- 00:04:03:21 : Le parcours et la formation militaire, du premier régiment de spahis à la cavalerie blindée
- 00:06:06:17 : L’adaptation à la vie militaire : camaraderie et discipline
- 00:11:50:10 : La première mission en OPEX : du Sénégal à la Côte d’Ivoire
- 00:16:49:08 : La gestion de la peur sur le terrain et ses séquelles
- 00:18:25:17 : Le diagnostic tardif du syndrome post-traumatique (SPT)
- 00:24:12:14 : L’évolution de la prise en charge des blessures psychiques dans l’armée
- 00:26:12:20 : Le rôle de l’ONaC-VG dans la reconnaissance et l’accompagnement des anciens combattants
- 00:30:05:06 : La transmission de son expérience aux jeunes vétérans
F.A.Q. de l’épisode
Quelles ont été les motivations de Guillaume pour s’engager dans l’armée ?
Guillaume s’est engagé à l’âge de 20 ans, poussé par une tradition familiale militaire et par les attentats du 11 septembre 2001. Il a ressenti le besoin de défendre les valeurs de son pays et de ses concitoyens face à la menace terroriste.
Comment Guillaume décrit-il le syndrome post-traumatique militaire OPEX qu’il a vécu ?
Guillaume explique que son syndrome post-traumatique (SPT) est une séquelle psychique liée aux événements violents vécus en mission. Il décrit une peur ressentie non pas dans l’action, mais après, lors des moments de solitude. Ce traumatisme a été diagnostiqué de nombreuses années après son retour d’OPEX.
Quelles missions Guillaume a-t-il effectuées lors de ses OPEX en Afrique ?
Guillaume a participé à une mission de courte durée au Sénégal en 2003, au sein des forces prépositionnées du Cap-Vert. En 2004, il a été déployé en Côte d’Ivoire dans le cadre de l’opération Licorne, où sa mission consistait à s’interposer entre les forces gouvernementales et les rebelles dans la « zone de confiance ».
En quoi les témoignages de vétérans d’OPEX comme celui de Guillaume sont-ils importants ?
Les témoignages de vétérans d’OPEX sont essentiels pour comprendre la réalité des missions, les sacrifices consentis et les défis du retour à la vie civile. Le récit de Guillaume met en lumière l’importance de la reconnaissance des blessures psychiques comme le SPT et le rôle crucial du soutien institutionnel comme celui de l’ONaC-VG.
Pourquoi la prise en charge du SPT a-t-elle été tardive pour Guillaume ?
À l’époque de ses missions, le syndrome post-traumatique était un sujet tabou et peu reconnu dans l’armée. Consulter un psychologue était perçu comme un aveu de faiblesse. Le diagnostic a finalement été posé et traité une quinzaine d’années plus tard, grâce à la vigilance d’un médecin militaire, ce qui témoigne de l’évolution positive de la prise en charge.
Quel rôle joue l’ONaC-VG dans le parcours de Guillaume, ancien combattant ?
L’ONaC-VG a apporté à Guillaume un accompagnement administratif, une écoute et des conseils. L’organisme a été un soutien important dans sa démarche de reconnaissance en tant que combattant. Aujourd’hui, Guillaume est lui-même un relais pour aider les jeunes anciens combattants à connaître leurs droits et à bénéficier du soutien de l’ONaC-VG.