Du Quai d’Orsay à la DCSD : le parcours diplomatique de François Millard

Dans cet épisode du podcast Coopération, Jean-Raphaël Drahi reçoit François Millard, secrétaire de chancellerie au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE). Avec plus de vingt ans de carrière au service de la diplomatie française, son profil civil offre une perspective singulière sur le monde de la coopération de sécurité et de défense. Avant de rejoindre la DCSD, François Millard a exercé en Asie et en Afrique, se consacrant à la coopération culturelle et aux affaires consulaires. Il partage son expérience du terrain, de l’assistance aux Français de l’étranger aux rapatriements sanitaires, des missions qui ont profondément marqué son parcours et forgé sa compréhension des relations internationales. Son arrivée à la DCSD, bien qu’issue d’une opportunité de carrière, s’est avérée être en parfaite adéquation avec son parcours et ses appétences.

La formation des stagiaires étrangers, un pilier de la coopération de sécurité et de défense

Au cœur de sa mission actuelle, François Millard est rédacteur au bureau formation et stagiaire de la DCSD. Un titre qui recouvre des responsabilités essentiellement budgétaires et logistiques cruciales pour l’accueil de près de 1400 stagiaires étrangers chaque année. Il détaille les coulisses de cette organisation complexe : achat de billets d’avion, gestion de l’hébergement, coordination des parcours de formation. Au-delà de l’aspect administratif, il souligne l’importance stratégique de cette mission. Accueillir et former ces futurs cadres militaires, policiers ou de la gendarmerie, c’est tisser des liens durables et créer un réseau de partenaires qui, une fois en poste à des niveaux de responsabilité élevés dans leur pays, conserveront un lien privilégié avec la France. C’est l’essence même de ce podcast sur la coopération de sécurité et de défense : bâtir des relations de confiance sur le long terme.

L’interministérialité au cœur de la Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense

L’une des grandes richesses de la DCSD, selon François Millard, est son caractère interministériel. En tant qu’agent du Quai d’Orsay, il côtoie au quotidien des militaires, des policiers et des gendarmes, créant un brassage de cultures professionnelles qu’il juge extrêmement bénéfique. Il confie à Jean-Raphaël Drahi que cette diversité apporte une vision plus globale et une franchise dans les échanges, parfois différente des codes plus feutrés de la diplomatie traditionnelle. Cette forte empreinte militaire, loin d’être un obstacle, est pour lui une source d’enrichissement, d’autant qu’il nourrit un intérêt personnel pour l’histoire militaire française. Cette fusion des approches est ce qui permet à la DCSD de répondre efficacement aux défis complexes de la coopération internationale.

Le rôle stratégique de la langue française dans la coopération internationale

Fort de son expérience en coopération culturelle et de sa propre formation en français langue étrangère (FLE), François Millard insiste sur le rôle fondamental de la langue dans la réussite des programmes de la DCSD. Une bonne maîtrise du français est indispensable pour que les stagiaires puissent s’intégrer et tirer le meilleur profit des formations techniques et exigeantes qui leur sont proposées. La DCSD investit donc dans l’apprentissage de la langue, en amont, en envoyant des lecteurs dans les pays partenaires pour préparer les candidats, mais aussi en France, dans des centres dédiés. Cette dimension linguistique est un vecteur essentiel de l’influence française et de la solidité des liens de coopération créés, assurant une compréhension mutuelle bien au-delà des seuls aspects techniques.

Références de l’épisode

  • Personnes
    • François Millard : secrétaire de chancellerie au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
    • Jean-Raphaël Drahi : Hôte du podcast
  • Lieux
    • Paris, France
    • Asie
    • Afrique
    • Thaïlande
    • Togo
    • Vietnam
    • Cambodge
    • Hô Chi Minh-Ville

Sommaire de l’épisode

  • 00:01:45 : Début de carrière au Ministère des Affaires Étrangères et expérience à l’étranger.
  • 00:04:11 : Les particularités et contraintes de la vie de diplomate.
  • 00:06:11 : Expériences marquantes en Asie et en Afrique, notamment les rapatriements sanitaires.
  • 00:08:19 : Les raisons de son arrivée à la Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense (DCSD).
  • 00:10:15 : Son rôle au sein du bureau formation et stagiaire : gestion budgétaire et logistique.
  • 00:12:12 : L’organisation de l’accueil et de la formation des 1400 stagiaires étrangers annuels.
  • 00:13:52 : Son regard de civil sur l’interministérialité et la culture militaire de la DCSD.
  • 00:17:28 : L’importance de l’apprentissage du français pour les stagiaires étrangers.
  • 00:19:33 : L’évolution de sa perception de la DCSD, de l’extérieur vers l’intérieur.
  • 00:22:25 : Comment expliquer le rôle et l’importance de la coopération de sécurité et de défense.

F.A.Q. de l’épisode

Quel est le rôle de François Millard dans la formation des stagiaires étrangers à la DCSD ?

François Millard est rédacteur au bureau formation et stagiaire. Il s’occupe principalement de la gestion budgétaire et de toute la logistique liée à l’accueil des stagiaires étrangers en France, comme l’achat des billets d’avion, la gestion des transports et l’organisation de l’hébergement.

Combien de stagiaires étrangers sont formés chaque année via la DCSD ?

La Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense accueille et organise la formation d’environ 1400 stagiaires étrangers chaque année. Ces formations couvrent des domaines variés : militaire, gendarmerie, police, et même la langue française.

Pourquoi la formation de stagiaires étrangers est-elle un enjeu majeur pour la coopération de sécurité et de défense ?

Cette formation est cruciale car elle permet de tisser des liens durables et de confiance avec les cadres des armées et forces de sécurité des pays partenaires. Ces stagiaires, amenés à occuper des postes importants, garderont un lien privilégié avec la France, renforçant ainsi la coopération sur le long terme.

Quelle est la particularité de la DCSD en termes de personnel ?

La DCSD se caractérise par son interministérialité. Elle rassemble des personnels de différents ministères : Europe et des Affaires étrangères, Armées, Intérieur, Économie et Justice. François Millard souligne que cette diversité de cultures professionnelles enrichit la vision globale et l’efficacité de la direction.

Comment un civil du Ministère des Affaires étrangères perçoit-il l’environnement de la DCSD ?

François Millard, issu du Quai d’Orsay, trouve l’environnement de la DCSD très intéressant. Il apprécie la forte culture militaire qui, selon lui, favorise une communication plus directe et franche que dans d’autres directions de son ministère d’origine.

Quelle est l’importance de la langue française dans les programmes de la DCSD ?

La maîtrise du français est essentielle pour que les stagiaires puissent suivre efficacement leurs formations. La DCSD met en place des dispositifs d’apprentissage, comme l’envoi de lecteurs à l’étranger, pour garantir un bon niveau de langue avant leur arrivée en France et ainsi assurer une parfaite intégration.