Un parcours de sapeur-pompier de la France à la Mongolie

Dans ce nouvel épisode du podcast Coopération, Jean-Raphaël Drahi s’entretient avec Christophe Baumann, officier de sapeurs-pompiers actuellement en poste à Oulan-Bator pour la Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense (DCSD). Fort de 35 ans d’expérience, Christophe Baumann partage un parcours riche et atypique qui l’a mené du centre de secours de Brumath en Alsace jusqu’en Mongolie. Après avoir débuté comme sapeur-pompier volontaire, il a participé à la création de l’unité de secours du tunnel sous la Manche, puis a servi dans les Alpes-Maritimes avant de rejoindre la Nouvelle-Calédonie. Là-bas, il a joué un rôle clé dans le transfert de compétences en matière de sécurité civile entre la France et le gouvernement local, une expérience qui a préfiguré sa mission actuelle.

Les projets de la coopération de sécurité et de défense en Mongolie

La mission de Christophe Baumann en Mongolie s’articule autour de deux projets majeurs menés au profit de la National Emergency Management Agency (NEMA), la sécurité civile mongole. Le premier projet, réalisé en partenariat avec la société française Desautel, a consisté en la livraison de 42 véhicules de secours et d’incendie spécialement adaptés aux conditions climatiques extrêmes du pays, avec des températures oscillant entre -50°C et +50°C. Le second projet, encore plus ambitieux et mené avec la société Héli-Union, a permis la création d’une base aérienne de sécurité civile. Ce projet inclut la fourniture de trois hélicoptères EC145, d’un hélicoptère de formation et d’un simulateur de vol, ainsi que la formation complète des pilotes et des techniciens mongols, marquant une véritable révolution pour les capacités de secours du pays.

L’importance des relations humaines dans la coopération sécurité civile France Mongolie

Au-delà des aspects techniques et logistiques, Christophe Baumann insiste sur la dimension humaine, essentielle à la réussite de ce type de mission. Il raconte comment il a dû gagner la confiance de ses interlocuteurs mongols, un peuple qu’il décrit comme ayant une histoire de guerriers et de nomades, ce qui peut se traduire par un premier contact parfois distant. Il partage une anecdote marquante sur sa première rencontre avec le colonel en charge de la base aérienne, qui est resté une heure sans lui adresser la parole. Aujourd’hui, ce même colonel le considère comme son « frère ». Cette confiance, bâtie sur l’exemplarité, la sincérité et le partage d’un métier commun — celui de sauver des vies — est la pierre angulaire de la coopération sécurité civile France Mongolie. Il évoque notamment sa relation privilégiée avec le commandant surnommé Teddy, leader des sauveteurs héliportés, qui facilite grandement l’avancée des projets.

L’impact concret des projets : des vies sauvées au quotidien

L’efficacité de cette coopération se mesure concrètement sur le terrain. Les 42 véhicules français ont déjà réalisé plus de 2000 interventions sur les 8000 recensées dans le pays ces deux dernières années, soit un quart du total. Les hélicoptères, opérationnels depuis avril 2022, ont permis de secourir et de sauver 120 personnes, souvent dans des zones reculées de la steppe où les transports terrestres prennent des jours. Christophe Baumann partage des récits poignants, comme le sauvetage d’une petite fille traînée par son cheval ou celui d’une personne emportée par des inondations exceptionnelles à Oulan-Bator. Ces succès, largement relayés par les médias locaux, ancrent la reconnaissance de l’aide française auprès de la population mongole.

Le quotidien d’un coopérant de la DCSD

Christophe Baumann explique la transition entre son métier de sapeur-pompier, rattaché au ministère de l’Intérieur, et sa fonction de coopérant pour la DCSD, qui l’immerge dans le monde diplomatique du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Il décrit un rôle qui exige une grande capacité d’adaptation, un état d’esprit ouvert et une volonté de partager son savoir-faire sans s’imposer. Pour lui, le coopérant est à la fois un technicien et un homme de relations, un facilitateur qui représente l’image et l’expertise de la France. Ce podcast de la coopération de sécurité et de défense illustre comment ces missions, bien qu’exigeantes et parfois isolantes, sont une source d’enrichissement personnel et professionnel immense, faites de rencontres et de la satisfaction de voir des projets aboutir et sauver des vies.

Références de l’épisode

  • Personnes
    • Christophe Baumann, coopérant Sécurité civile en Mongolie
    • Jean-Raphaël Drahi, hôte du podcast
    • Major général Badr, ancien directeur de la sécurité civile mongole
    • Colonel Ganbayar, chef de projet au sein de la NEMA
    • Colonel Dorj, chef de l’unité 111 de la NEMA
    • Général Ariunbuyan, directeur de la sécurité civile mongole
    • Commandant Tsunder (surnommé Teddy), leader des sauveteurs spécialisés héliportés
  • Lieux
    • Mongolie
    • Oulan-Bator
    • France
    • Brumath
    • Tunnel sous la Manche
    • Alsace
    • Bas-Rhin
    • Alpes-Maritimes
    • Nouvelle-Calédonie
    • Chine

Sommaire de l’épisode

  • 00:02:23:08 – Parcours de Christophe Baumann : 35 ans au service de la sécurité civile
  • 00:04:03:14 – Présentation des deux projets de coopération en Mongolie
  • 00:05:43:17 – Le rôle de la DCSD et des différents acteurs dans la mission
  • 00:08:21:18 – L’importance des relations humaines pour gagner la confiance
  • 00:12:31:05 – Les entreprises françaises partenaires et l’adaptation du matériel
  • 00:17:22:08 – La pérennité des projets et les futures phases de coopération
  • 00:23:32:10 – L’impact opérationnel : des milliers d’interventions et des vies sauvées
  • 00:29:31:15 – S’adapter au métier de coopérant : du pompier au diplomate
  • 00:34:33:13 – Le conseil de Christophe à un futur coopérant en Mongolie
  • 00:38:31:02 – Le bilan d’un coopérant heureux et épanoui

F.A.Q. de l’épisode

En quoi consiste la mission de coopération de sécurité civile de la France en Mongolie ?

La mission, portée par la DCSD, vise à renforcer les capacités de la sécurité civile mongole (NEMA). Elle s’articule autour de deux projets majeurs : la fourniture et la mise en service de 42 véhicules d’incendie adaptés aux conditions extrêmes, et la création d’une base aérienne de sécurité civile avec des hélicoptères, incluant la formation des pilotes et des secouristes.

Quels sont les équipements fournis par la France à la sécurité civile mongole (NEMA) ?

La France a fourni 42 véhicules de secours et d’incendie et a équipé une base aérienne avec trois hélicoptères de type EC145, un hélicoptère de formation de type Cabri, et un simulateur de vol. La coopération inclut également la formation à l’utilisation et à la maintenance de ces équipements.

Quel est l’impact concret du podcast sur la coopération sécurité civile France Mongolie sur la population locale ?

L’impact est direct et significatif. Les véhicules d’incendie français ont déjà réalisé 2000 interventions, soit un quart des interventions totales du pays. Les hélicoptères, opérationnels depuis 2022, ont permis de secourir 120 personnes, notamment lors d’accidents dans des zones isolées ou lors d’inondations, sauvant ainsi de nombreuses vies.

Comment la confiance s’est-elle établie entre le coopérant français et les équipes mongoles ?

La confiance a été bâtie progressivement, en surmontant une première approche distante. Christophe Baumann explique qu’elle se gagne par l’exemplarité technique, la sincérité dans les échanges, le partage d’un métier commun centré sur le sauvetage, et la création de relations humaines fortes, comme celle qu’il entretient avec le commandant Teddy.

Quelles sont les qualités requises pour devenir coopérant pour la DCSD ?

Selon Christophe Baumann, un coopérant doit avant tout faire preuve d’une grande capacité d’adaptation à un nouvel environnement et à de nouvelles méthodes de travail. Il doit savoir écouter, partager son expérience sans l’imposer, et posséder de solides compétences humaines et relationnelles pour s’intégrer et créer un climat de confiance.

Quelle est la suite prévue pour ce programme de coopération de sécurité et de défense ?

Face au succès des premiers projets, une seconde phase est envisagée. Elle pourrait inclure la livraison de 15 échelles aériennes et de véhicules spécialisés pour les feux industriels. Pour la partie aérienne, la coopération se poursuivra par un accompagnement visant à amener l’unité héliportée mongole vers une autonomie opérationnelle complète.