Un parcours atypique au sein du ministère des Affaires étrangères
Dans ce nouvel épisode du podcast Coopération, Jean-Raphaël DRAHI reçoit Magdalena BIOGET, adjointe au chef de la mission monde de la Direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD). Son arrivée au ministère, il y a 27 ans, est le fruit d’un concours de circonstances tragique. Suite au décès en service de son mari, commissaire de police et coopérant en Côte d’Ivoire, le ministère de la Coopération de l’époque lui propose un poste. Elle l’accepte avec reconnaissance, jeune mère de trois enfants, et intègre le service communication, son domaine de formation. S’ensuivent quinze années passionnantes, dont dix consacrées à l’événementiel, où elle devient la « madame Paillette » du ministère, organisant des événements pour les plus grands de ce monde. Désireuse de relever de nouveaux défis, elle quitte la communication pour s’occuper des agents du ministère au sein de la délégation pour la politique sociale, avant de bifurquer vers la logistique et la gestion immobilière, motivée par le projet de construction d’un nouveau bâtiment au Quai d’Orsay. C’est finalement une opportunité qui la mène à la DCSD, où elle a le sentiment de « boucler la boucle » : commencée comme veuve de coopérant, sa carrière s’achèvera en tant que responsable d’un certain nombre de coopérants.
La DCSD : une direction interministérielle unique
Pour Magdalena BIOGET, la DCSD est une direction particulière au sein du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Elle la décrit comme une « copropriété » entre trois ministères : les Affaires étrangères, voix de la France ; les Armées, qui représentent les forces armées ; et l’Intérieur, en charge de la sécurité intérieure. Cette triple appartenance crée un environnement de travail unique où trois cultures administratives très différentes se côtoient et collaborent. Loin de l’image qu’elle en avait à ses débuts – un étage rempli de militaires en uniforme – elle a découvert une direction riche de sa diversité, avec des policiers, des pompiers, des gendarmes et des représentants de toutes les armées. Cet environnement multiculturel, où se croisent des expertises variées, constitue selon elle toute la richesse et l’intérêt de la DCSD, bien que sa mission reste encore méconnue au sein même du ministère.
Adjointe à la mission monde, un rôle de tour de contrôle
Au poste d’adjointe au chef de la mission monde, Magdalena BIOGET se voit comme l’animatrice d’une véritable « tour de contrôle ». Son rôle est de dispatcher le travail transversal, de soutenir les officiers géographiques dans leurs tâches quotidiennes et surtout d’agir comme un facilitateur. Sa principale valeur ajoutée réside dans sa connaissance approfondie du réseau du ministère, bâtie en 27 ans de carrière. Elle met ce réseau au service de ses collaborateurs pour fluidifier leurs relations avec les autres directions. La mission monde couvre l’ensemble du globe à l’exception de l’Afrique subsaharienne, soit 96 pays où sont déployés 70 coopérants. L’équipe, composée d’officiers de l’armée de terre, de la marine et potentiellement de la police, reflète l’interministérialité de la direction. Ce podcast sur la coopération de sécurité et de défense permet de mieux comprendre les rouages de cette coordination internationale.
L’humain au cœur de la coopération
Au fil de l’échange avec Jean-Raphaël DRAHI, Magdalena BIOGET insiste sur la dimension humaine de son travail. Il n’existe pas de « langage DCSD » unique ; la clé réside dans l’empathie, l’écoute et la capacité à adapter son discours à des interlocuteurs très variés, qu’il s’agisse d’un général ou d’un diplomate. Son expérience passée dans la communication et l’événementiel lui a légué deux compétences essentielles : l’organisation et la réactivité. Elle souligne également l’importance des missions sur le terrain, comme celle qu’elle a menée au Sri Lanka, pour concrétiser des projets, comprendre les difficultés des coopérants et sentir les attentes des pays partenaires. Ce retour du terrain est indispensable pour donner du poids aux projets portés depuis Paris et pour ajuster au mieux la stratégie de coopération française.
Références de l’épisode
- Personnes
- Magdalena BIOGET, adjointe au chef de la mission monde de la DCSD
- Jean-Raphaël DRAHI, hôte du podcast
- Lieux
- Paris
- Côte d’Ivoire
- Quai d’Orsay
- Sri Lanka
- Afrique du Nord
- Moyen-Orient
- Organisations
- Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense (DCSD)
- Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE)
- Ministère de la Coopération
- Ministère des Armées
- Ministère de l’Intérieur
Sommaire de l’épisode
- 00:02:06 : L’arrivée au ministère de la Coopération suite à un drame personnel
- 00:03:10 : Quinze années au service de la communication et de l’événementiel
- 00:04:19 : De la politique sociale à la gestion logistique et immobilière au Quai d’Orsay
- 00:07:04 : La spécificité de la DCSD : une direction interministérielle
- 00:11:13 : Le rôle d’adjointe au chef de la Mission Monde
- 00:15:32 : L’entretien du réseau, une compétence clé
- 00:20:52 : La communication comme plus-value dans son poste actuel
- 00:21:40 : L’importance des missions sur le terrain pour comprendre et agir
- 00:29:50 : Souvenir marquant : la négociation d’un contrat de drones
F.A.Q. de l’épisode
Quel est le rôle de Magdalena Bioget à la DCSD ?
Magdalena Bioget est adjointe au chef de la mission monde au sein de la Direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD). Elle agit comme une coordinatrice, soutenant les officiers géographiques, facilitant les relations avec les autres directions du ministère grâce à son réseau, et assurant le suivi transversal des missions de coopération dans le monde entier, à l’exception de l’Afrique subsaharienne.
Comment a commencé le parcours de Magdalena Bioget au sein de la DCSD et du ministère ?
Magdalena Bioget a intégré le ministère de la Coopération il y a 27 ans suite au décès de son mari, qui était coopérant en Côte d’Ivoire. Elle a d’abord travaillé dans la communication, puis la politique sociale et la logistique, avant de rejoindre la DCSD, considérant cette étape comme une manière de « boucler la boucle » en s’occupant à son tour de coopérants.
Qu’est-ce qui rend la DCSD si particulière selon ce podcast sur la coopération de sécurité et de défense ?
La DCSD est une direction unique car elle est interministérielle, qualifiée de « copropriété » entre le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le ministère des Armées et le ministère de l’Intérieur. Cette structure rassemble des cultures administratives très différentes (diplomates, militaires, policiers, etc.), ce qui constitue sa principale richesse et son originalité.
Qu’est-ce que la « mission monde » de la DCSD ?
La « mission monde » de la DCSD est l’entité responsable de la coopération de sécurité et de défense pour l’ensemble du globe, à l’exception de la zone Afrique subsaharienne. Elle couvre 96 pays et supervise environ 70 coopérants sur le terrain, sous la responsabilité de plusieurs officiers géographiques.
Quel est l’un des souvenirs les plus marquants de Magdalena Bioget à la DCSD ?
Un de ses souvenirs les plus marquants est d’avoir mené, en tant que cheffe de délégation et seule femme à la table, les négociations interministérielles pour un don de drones d’une valeur de 2 millions d’euros. Le succès de cette négociation a été pour elle un moment de grande satisfaction professionnelle et personnelle.