De la passion pour le français langue étrangère à la DCSD

Dans ce nouvel épisode du podcast Coopération, Jean-Raphaël Drahi reçoit Garance Jaunay, adjointe du chef de bureau formation, stages et mission d’expertise à la Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense (DCSD). Passionnée depuis l’adolescence par le français langue étrangère (FLE), elle explique que cette discipline ne consiste pas simplement à être professeur de français, mais à donner à des non-francophones les outils de communication et d’interaction nécessaires pour échanger dans une nouvelle langue. Son parcours l’a conduite à voyager et à travailler dans de nombreux pays, notamment à la médiathèque de l’Alliance Française de Hong Kong, où elle a contribué à la diffusion de la langue et des cultures francophones. Elle y a notamment mis en place une « bibliothèque de l’apprenant », réorganisant les ouvrages par niveau de compétence pour faciliter l’accès à la lecture pour les étudiants en français.

Les quatre piliers de l’enseignement français en coopération sécurité et défense

Aujourd’hui en poste à Paris, Garance Jaunay supervise l’ensemble des actions liées à l’enseignement du français pour la DCSD. Cette mission, cruciale pour la diplomatie et le rayonnement de la France, repose sur quatre grands volets. Le premier est le Programme Lecteurs FLE, qui déploie chaque année environ 45 enseignants, appelés lecteurs, pour des missions d’une année scolaire dans des écoles partenaires à l’étranger, comme des académies militaires ou des écoles de police. Ces missions longues permettent d’assurer une continuité pédagogique et de préparer, par exemple, des militaires cambodgiens à intégrer des opérations de maintien de la paix en zone francophone. Le deuxième volet concerne des missions d’enseignement plus courtes, de un à trois mois, menées par des volontaires retraités de l’association AGIR. Ces experts, souvent d’anciens militaires ou diplomates, interviennent pour des besoins spécifiques et intensifs, comme la formation de personnels de la marine avant un déploiement.

Le troisième pilier s’appuie sur le réseau des Alliances Françaises et des Instituts français pour dispenser des cours en local. Ces formations, moins intensives, s’adressent à un public plus large et visent à constituer un vivier de personnels susceptibles de participer à de futures actions de coopération. Enfin, le quatrième volet est centré sur le Cours international de Français de Rochefort (CIFR), situé au sein de l’école de gendarmerie. Le CIFR propose des formations intensives de français de spécialité pour les stagiaires étrangers sur le point d’intégrer une scolarité en France, ainsi que des formations de renforcement pédagogique pour les professeurs de FLE des pays partenaires. Chaque année, ce dispositif complet permet de former environ 15 000 apprenants dans près de 30 pays, démontrant l’ampleur de l’engagement de la DCSD dans ce domaine.

Un outil de diplomatie et de rayonnement en constante évolution

Loin d’être figé, l’enseignement du français en coopération sécurité et défense évolue constamment. Garance Jaunay et ses équipes travaillent au développement d’outils pédagogiques adaptés aux publics en uniforme, pour qui les ressources généralistes sont souvent insuffisantes. Cela inclut la méthode En Avant, développée spécifiquement pour ce contexte, et plus récemment, une application dictionnaire trilingue de vocabulaire sécurité-défense, créée en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie et le Cavilam de Vichy. Interrogée par Jean-Raphaël Drahi sur le rôle diplomatique de son action, Garance Jaunay confirme que la langue est un puissant outil d’influence et de rayonnement. Elle permet de créer des liens durables, de faciliter les échanges et d’assurer le bon déroulement des actions de coopération, contribuant ainsi directement à la politique étrangère de la France.

Références de l’épisode

  • Personnes
    • Garance Jaunay, adjointe du chef de bureau formation, stages et mission d’expertise à la DCSD
    • Jean-Raphaël Drahi, hôte du podcast
    • Magdalena Bujold, mentionnée dans l’épisode
  • Œuvres
    • Méthode « En Avant »
  • Lieux
    • Paris, France
    • Hong Kong
    • Madrid, Espagne
    • Cambodge
    • Rochefort, France
    • Algérie
    • Vichy, France

Sommaire de l’épisode

  • 01:54 : La passion de Garance Jaunay pour le français langue étrangère (FLE) depuis son adolescence.
  • 05:48 : Son poste actuel à la DCSD en tant que responsable de l’enseignement du français.
  • 06:24 : Premier volet : le programme des Lecteurs FLE pour les missions longues.
  • 10:38 : Deuxième volet : les missions d’enseignement ponctuelles avec des professeurs volontaires.
  • 13:49 : Troisième volet : les cours dispensés par les Alliances Françaises et les Instituts français.
  • 15:28 : Quatrième volet : les formations de spécialité au Cours international de Français de Rochefort (CIFR).
  • 21:19 : Le développement d’outils pédagogiques spécifiques, comme la méthode « En Avant ».
  • 24:17 : Le français comme outil de diplomatie, d’influence et de rayonnement international.

F.A.Q. de l’épisode

Qu’est-ce que le français langue étrangère (FLE) en milieu de sécurité et de défense ?

Le français langue étrangère (FLE) dans ce contexte est l’enseignement de la langue française à des personnels en uniforme (militaires, policiers, gendarmes) non-francophones. L’objectif est de leur donner les outils linguistiques nécessaires pour suivre des formations en France, participer à des opérations de maintien de la paix en zone francophone ou plus largement interagir dans le cadre d’actions de coopération.

Quels sont les principaux programmes d’enseignement du français mis en place par la DCSD ?

La DCSD met en œuvre quatre types d’actions : le programme « Lecteurs FLE » avec des enseignants déployés pour un an dans des écoles partenaires ; des missions courtes et intensives menées par des experts retraités ; des cours locaux via les Alliances Françaises et Instituts français pour créer un vivier de stagiaires ; et des formations de spécialité au Centre International de Français de Rochefort (CIFR).

Quel est l’objectif de l’enseignement français en coopération sécurité et défense ?

L’objectif principal est de renforcer les capacités des partenaires de la France. Cela passe par la préparation linguistique des stagiaires qui intégreront des formations en France, et par la formation des personnels se préparant à des opérations de maintien de la paix. C’est aussi un outil de diplomatie et de rayonnement pour la France.

Comment devient-on « lecteur FLE » pour la DCSD ?

Pour devenir lecteur FLE, il faut généralement avoir suivi un cursus universitaire en enseignement du français langue étrangère ou un diplôme spécifique comme celui de l’Alliance Française de Paris. Les offres sont publiées sur des sites spécialisés et les candidats sont sélectionnés par l’association AGIR en lien avec la DCSD pour des missions d’un an.

Pourquoi est-il nécessaire de développer des outils pédagogiques spécifiques pour ce public ?

Il existe peu de ressources pédagogiques adaptées au français sur objectifs spécifiques (FOS) pour les domaines de la sécurité et de la défense. Développer des outils comme la méthode « En Avant » ou des dictionnaires spécialisés permet de répondre précisément aux besoins lexicaux et thématiques des apprenants en uniforme, rendant l’apprentissage plus efficace.

Combien de personnes sont formées au français chaque année grâce aux actions de la DCSD ?

Selon Garance Jaunay, les différents programmes d’enseignement du français mis en place par la DCSD permettent de former environ 15 000 apprenants chaque année à travers le monde.