Avez-vous déjà contemplé la manière dont les vins de la Côte d'Azur incarnent l'atmosphère lumineuse et pittoresque de cette région ? Dans notre dernière édition de "Rendez-vous sur la prom", nous accueillons un duo de vignerons de Nice, Vincent et Céline Dauby. Leur vignoble, Vinceline, se trouve sur les collines de Nice, offrant une vue magnifique sur Saint-Jeannet et le Var. Vincent, originaire de Paris et ayant passé son enfance entre Eze, Monaco, Menton et Nice, partage son itinéraire unique. Initialement attiré par une carrière à l'ONF, c'est son amour pour la viticulture qui a finalement prévalu. Céline, infirmière de Nantes, a été séduite par Nice, par amour pour Vincent et pour la région. Leur histoire d'amour, digne d'un roman, a commencé lors d'une foire de village où Vincent présentait ses vins de Belay. Le Domaine de Vinceline, le plus petit de l'appellation Belay avec seulement 0,8 hectares, est le résultat d'un engagement intense et d'un désir de créer des vins véritables. Vincent et Céline partagent leur philosophie : produire des vins simples et naturels, reflétant leur caractère et celui du terroir. Leur démarche, respectueuse de l'environnement avec une intervention minimale, est une invitation à explorer l'esprit de leur vin et de ses créateurs. Animé par Jean-Raphaël Drahi et Julien Gérard, ce podcast célèbre les figures locales qui contribuent à la richesse et à la diversité de Nice. À travers des anecdotes personnelles et des visions futures, Vincent et Céline exposent leur concept d'un domaine viticole en harmonie avec son cadre, tout en préservant les traditions et l'histoire de la région.

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Rendez-vous sur la Prom : une évasion viticole au cœur de Nice au Domaine de Vinceline

Bienvenue sur le blog de « Rendez-vous sur la Prom », le podcast qui vous emmène à la rencontre des Niçois et de leurs histoires. Aujourd’hui, nous vous invitons à découvrir un épisode particulier qui nous plonge dans l’univers d’un domaine viticole niché dans les hauteurs de Nice, là où la vigne et la ville se côtoient pour le plus grand plaisir des amateurs de vin.

La vigne à Nice, une histoire de passion

Lorsqu’on pense à Nice, on imagine aisément la Promenade des Anglais, les plages de galets et l’azur du ciel. Pourtant, cette ville méditerranéenne cache en son sein une tradition viticole méconnue. C’est ce que nous révèle l’épisode du podcast « Rendez-vous sur la prom », qui nous fait découvrir le domaine de Vinceline, un petit bijou de viticulture urbaine.

À la rencontre des vignerons de Vinceline

Vincent et Céline, les propriétaires du domaine, nous ouvrent les portes de leur univers et partagent avec nous leur parcours atypique. De la création de leur vignoble à la production de vins qui leur ressemblent, ils nous racontent les défis et les joies de leur métier. C’est une histoire d’amour avec la terre, mais aussi une aventure humaine riche en émotions.

Le vin, reflet de l’âme du vigneron

Dans cet épisode, nous comprenons que le vin est bien plus qu’une simple boisson. C’est une expression de l’identité du vigneron, un produit qui évolue et qui raconte une histoire. Vincent et Céline nous expliquent comment ils travaillent la vigne et conçoivent leur vin en harmonie avec la nature, en minimisant l’intervention humaine pour laisser s’exprimer le terroir niçois.

Nice, une ville de contrastes

Au-delà de la viticulture, l’épisode nous plonge dans l’atmosphère unique de Nice. Nous explorons les multiples facettes de cette ville qui allie modernité et traditions, urbanisme et espaces naturels. Les vignerons nous partagent leurs lieux préférés et nous invitent à redécouvrir Nice sous un angle original.

L’importance de préserver le patrimoine

Le podcast met également en lumière l’importance de préserver le patrimoine viticole de Nice. Malgré l’urbanisation et les changements de mode de vie, des domaines comme Vinceline perpétuent un savoir-faire ancestral et contribuent à l’identité culturelle de la région.

Pourquoi écouter cet épisode ?

Écouter cet épisode de « Rendez-vous sur la prom », c’est s’offrir une pause enchantée dans le quotidien. C’est aussi une façon de soutenir les producteurs locaux et de valoriser un patrimoine viticole exceptionnel. Alors, que vous soyez Niçois de cœur ou simplement curieux de découvrir les trésors cachés de cette ville, cet épisode est pour vous.

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En conclusion

L’épisode du podcast « Rendez-vous sur la Prom » consacré au domaine de Vinceline est une invitation à la découverte et à la dégustation. Il nous rappelle que Nice est une terre de contrastes où la vigne trouve sa place entre mer et montagnes. Alors, prenez rendez-vous avec nous sur la prom et laissez-vous transporter par l’histoire captivante de ce domaine viticole niçois.

Pour ceux qui souhaitent goûter à l’âme de Nice, rendez-vous chez les cavistes partenaires pour découvrir les vins du domaine.

À bientôt pour un nouveau rendez-vous sur la prom, à la découverte des personnalités qui font vibrer Nice.

Retranscription de l’épisode

Julien Gérard – Bonjour et bienvenue sur ce nouvel épisode du podcast Rendez-vous sur la prom. Nous sommes aujourd’hui au domaine de Vinceline avec Vincent et Céline et mon fidèle acolyte Jean-Raphaël. Bonjour tout le monde.

Céline Dauby – Bonjour.

Vincent Dauby Bonjour, salut.

Julien Gérard – Alors, on est aux confins de Nice, dans les hauteurs, avec une très belle vue sur Saint-Jeanet et d’autres villages de la vallée du Var, c’est ça ?

Céline Dauby – Oui, oui.

Julien Gérard – Voilà, avec également une belle vue sur le Cap d’Antibes. C’est pas mal d’enregistrer deux fois. Oui, j’ai oublié d’appuyer sur le bouton rec tout à l’heure.

Julien Gérard – L’été m’a un petit peu rouillé, donc c’est pas mal d’enregistrer deux fois parce que du coup, là, j’ai pas oublié le Cap d’Antibes.

Céline Dauby – Et le Mercantour où on va skier l’hiver.

Vincent Dauby – Mercantour avec le plus au fond, quand il fait bien beau, l’Argentera jusqu’au Cap d’Antibes.

Céline Dauby – L’Argentera qui est à 3000 mètres d’altitude.

Julien Gérard – Une belle vue à 180 degrés. On va revenir sur tout ça tout à l’heure. Pourquoi ce choix aussi ? On y reviendra tout à l’heure. Donc, je disais tout à l’heure, on a fini la saison 1 avec le V&B. On reprend la saison 2 avec vous dans les tout premiers à passer dans les épisodes. On va revenir un petit peu sur votre parcours et on accueillera tout à l’heure vos filles, comme je le disais tout à l’heure. Alors cet épisode, c’est une belle transition entre les deux saisons puisqu’on a terminé la saison 1 avec Geoffrey et Guillaume du VNB et c’est eux qui nous ont conseillé de venir vous interviewer. On va tout de suite écouter le message. Et comme c’est la deuxième prise, je me rappelle maintenant que c’est Geoffrey qui parle.

Témoignage de Geoffrey du V and B – Moi, je donnerais Vincent et Céline Dauby. C’est un domaine qu’on vient tout juste de rentrer, qui est situé sur l’appellation de Belay. C’est le plus petit domaine de l’appellation, qui fait 0,8 hectares. C’est un vigneron qui est brillant. C’est une très jolie famille. Nous, on les aime beaucoup et on est tombé vraiment sous le charme du vigneron, de son travail, de tout ce qu’il fait. On a vraiment envie de le suivre et c’est pour ça qu’on travaille ses produits. Et je pense que ça serait très intéressant de le rencontrer. et où il pourrait vous expliquer son parcours, d’où il vient, comment il est arrivé ici aujourd’hui. C’est vrai que c’est aussi magnifique comme parcours.

Julien Gérard – Jean-Raphaël, je crois que tu as pas mal de questions.

Jean-Raphaël Drahi – Oui, j’ai plein de questions parce que le VNB, quand ils vous ont présenté, ils avaient des étoiles plein les yeux. Ils aiment beaucoup ce qu’ils proposent et ils nous ont dit tout de suite, mais c’est vraiment eux qu’il faut aller voir. Et pour ne rien cacher, ça fait déjà maintenant quelques heures qu’on est arrivé ici et vous nous avez présenté beaucoup de choses. Moi, j’aime beaucoup les gens qui sont passionnés par ce qu’ils font. Alors déjà, qui êtes-vous ? Vincent, donc parcours, du coin, pas du coin ?

Vincent Dauby – Du coin, du fait que une partie de ma famille, principalement maternelle, paternelle un peu après, mais ils sont du côté de Eze. Eze, Monaco, Menton, Roquebrune, Camp Martin. Et par contre, comme je dis souvent, sur ma carte d’identité, c’est marqué Boulogne-Bianco.

Jean-Raphaël Drahi – Je suis parisien. On va couper pas mal de choses.

Céline Dauby – C’est anecdotique, t’es pas resté bien longtemps à Boulogne-Biancourt.

Vincent Dauby – On est redescendu très rapidement en passant par Marseille. Des souvenirs très… Désolé. Et après, revenir sur la Suresse, la Turbie et puis Nice pour le travail.

Jean-Raphaël Drahi – Et donc, tu me disais, au départ, tu as été dans un lycée agricole. Tu ne voulais pas rester derrière un bureau, ça c’était certain.

Vincent Dauby – Je ne voulais pas rester derrière un bureau. J’ai commencé mes études à partir de la seconde au lycée agricole en Thibes.

Jean-Raphaël Drahi – Avec déjà un objectif en tête.

Vincent Dauby – L’objectif, au départ, c’était de travailler. Moi, j’aimais bien les forêts, etc., etc. C’était parce qu’on connaissait le chef de centre de l’époque de l’ONF. C’était de travailler à l’ONF. Voilà, ça, c’est un boulot pour toi. Ingénieur, c’est très bien. Bon, t’es pas au courant de ce qu’il fallait faire.

Céline Dauby – Ils étudiaient.

Julien Gérard – Ils n’avaient pas tout dit.

Vincent Dauby – Ils n’avaient pas tout dit sur le papier. Et bon, je suis arrivé au lycée agricole d’Antibes et puis, Là, c’était un peu différent quand même. Et puis, il fallait faire des études d’ingénieur. J’ai bien compris que ça allait coincer quelque part. Pas que j’adore étudier, mais… Pas dans ce cadre-là. Pas dans ce cadre-là. Et puis, peut-être des fois un peu des problèmes avec l’autorité. Et au passage, Et puis j’ai rencontré un copain dont ses parents étaient en train de créer un domaine justement sur Bélé. Et moi, le vin à 15-16 ans, à part que ça soit un mélange hydroalcoolique plus ou moins intéressant, ça s’arrêtait là. J’ai découvert comment on pouvait faire du vin. Et à partir de là, je suis parti faire un… J’ai complètement zappé les eaux et forêts et je suis parti sur un bêtise.

Vincent Dauby – Viticulture et odontologie sur Montpellier. D’accord.

Vincent Dauby – J’ai découvert ce qu’était le monde et.

Vincent Dauby – Le milieu du vin.

Vincent Dauby – Par certains côtés, c’était des superbes études, j’ai appris. En tout cas, tout a pris. Disons que quand on sort de là, on se dit, je sais faire du vin. 30 ans plus tard, je dis éventuellement, je fais un mélanger d’or alcoolique plus ou moins consommable. Mais parce qu’après, entre temps, on évolue aussi. On ne fait pas toujours la même chose. Et puis, on est au début, pas du tout issu du milieu agricole, pas de domaine, rien. Employé, on fait sur des domaines, on.

Vincent Dauby – Fait ce qu’on nous demande de faire.

Vincent Dauby – Et même si on essaye un peu.

Vincent Dauby – D’Avoir un peu d’autonomie, parce que comme.

Vincent Dauby – Dans toutes les entreprises, malgré tout, quand les supérieurs ou les patrons, ils voient que vous en tirez pas mal, que ce que vous faites, ça tient vaguement plus ou moins bien la route, et bien ils vous laissent un peu tranquille.

Vincent Dauby – Mais du vin, des fois, ça se.

Vincent Dauby – Rapproche beaucoup de l’industrie agroalimentaire, même si le vin est un produit naturel. Donc après, au fur et à mesure, j’ai continué à évoluer, puis en 2005, 2006 pour être exact, avec Céline, on a fait notre propre domaine sur l’appellation, un peu au forceps. Mais on l’a fait sur l’appellation Belay parce que je suis revenu sur mes terrains de début d’apprentissage où on m’a montré comment, en pressant du raisin, en le laissant fermenter, ça faisait du vin.

Julien Gérard – Ah mais c’est facile en fait.

Vincent Dauby – Oui, c’est très facile. Sur le papier.

Jean-Raphaël Drahi – Donc 2005-2006, l’arrivée ici. Bon, on va y revenir. On va rentrer un petit peu dans le détail parce que ça a été une arrivée, je crois, un peu épique d’un point de vue. Enfin, voilà, ça a été un peu sport. On vous expliquera tout ça un peu. Céline, vous, votre parcours, c’est… Rien à voir. Je voulais rester à l’école et rester derrière un bureau.

Céline Dauby – Non. Non, non, mais par contre, moi, je suis pas de la région. Déjà, je suis nantaise. J’ai adopté Nice, mais par la suite et par hasard. Et en fait, j’ai fait des études d’infirmière et j’ai eu le choix de les faire soit à Nantes, soit à Paris. Je me suis dit tiens, Paris, ça peut être sympa, la capitale. En plus, il y a les grands hôpitaux de Paris. Donc, allons-y. Et donc j’ai fait mes études et puis au bout d’un moment je me suis dit, oh là là, attention, j’ai pas envie de faire ma vie à Paris. Si je reste là, le réseau que je vais me créer, il va rester là. Et je pourrais pas, comme j’avais eu quand j’étais gamine, avoir ma maison avec mon jardin, mon barbecue et pouvoir vivre dehors. Donc va-t’en vite de Paris, tu as bien profité pendant tes études, tu t’es bien amusé, c’est super, mais maintenant si tu veux construire quelque chose, il faut sortir de là. Et là j’avais le choix, retourner vers chez moi ou en profiter pour partir ailleurs. Retourner vers chez moi, entre temps les gens avaient fait comme moi, ils avaient bougé, il n’y avait plus tant de monde que ça. Il restait plus que mon papa et voilà. Et je me suis dit c’est l’occasion, j’ai plus grand monde à Nantes, allons-y, bougeons. Et donc j’étais attirée par le soleil, la mer et les montagnes. Donc en gros de Montpellier pour faire Montpellier-Toulouse jusqu’à ici. à part Marseille peut-être qui est un peu plus loin, mais je ne faisais pas trop la fine bouche. J’ai envoyé mes CV partout. Les infirmières, comme vous le savez, il en manquait déjà à l’époque. Il en manque toujours. Donc j’ai été reçue partout. Et il se trouve que j’avais un très bon ami de Bretagne qui avait fait un petit bout de parcours sur Nice. Donc j’étais venue le voir et j’étais tombée amoureuse de la ville de Nice. J’avais adoré cette région. Et donc je me suis dit, après tout, allons déposer le CV en main propre. Donc je suis arrivée presque en thong, en short et limite l’appareil photo autour du cou, à l’hôpital de Simier avec mon CV. Et on m’a dit, oh là là, ne partez pas, déposez de nouveau de CV, on fait l’entretien tout de suite. Donc j’ai fait l’entretien, ils m’ont dit, on vous prend. Voilà, super. Donc, me voilà à Nice avec aucune connaissance. Puis moi, ma famille à l’autre bout de la France. Aucun, enfin rien quoi, je connaissais rien. Donc, je me suis retrouvée à prendre un appartement pas sur Nice parce que je me suis aperçue que les loyers étaient à peu près du même prix qu’à Paris.

Jean-Raphaël Drahi – Ça peut surprendre un peu.

Céline Dauby – Voilà, donc les loyers sur Nice, c’était déjà très cher. Donc, du coup, pour respecter mon budget, je me suis un peu éloignée et je me suis retrouvée sur un petit village à l’extérieur de Nice qui s’appelle l’Escarenne, sur la vallée du Bayon, parce que c’était un peu moins cher et c’était pas trop loin de l’hôpital où je travaillais à Pasteur.

Vincent Dauby – Donc, c’était parfait.

Céline Dauby – Et puis, au bout d’un moment, je me suis dit Céline, il faut que tu sortes de chez toi. Il va falloir que tu rencontres du monde. Tu peux pas rester ici enfermée entre quatre murs. Donc, j’ai repris mon appareil photo. Et je me suis dit, allons se balader. Et en partant me promener, il y avait un petit salon de village sur l’huile d’olive. C’était au printemps. Et je me suis dit, bah tiens, c’est l’occasion. Allons faire un tour, découvrir les produits locaux. Et là, je vois un stand de vin de Belay. Alors moi, en bonne touriste, je ne savais même pas qu’il y avait des vignes à Belay, évidemment. Juste d’ailleurs, je ne savais même pas qu’il y avait Belay, tout court.

Vincent Dauby – Et bon, pour d’autres raisons, il se.

Céline Dauby – Trouve qu’on m’avait déjà parlé de Belais, donc je me suis dit tiens, c’est l’occasion, je vais goûter le vin et mon papa qui était amateur de vin, je vais lui acheter une bouteille. Il faut qu’il découvre ça quand même. Et le vigneron, c’était Vincent. Et là, quand je l’ai vu, la première chose que j’ai faite, j’ai regardé s’il avait une alliance. Il n’en avait pas, donc je me suis permise un peu plus. Et voilà, depuis, on est ensemble.

Vincent Dauby – C’était en quelle année, ça ? 2003.

Céline Dauby – C’est l’année où je suis arrivée, en fait. Je suis arrivée il y a 20 ans, juste après les fêtes de fin d’année. Et je me suis installée à l’Escarenne, je ne sais pas, ça devait être en février-mars, pas tout de suite. Et en mars, je suis sortie de mon appartement et du coup, bim, je suis tombée sur…

Jean-Raphaël Drahi – Mais tout s’est bien goupillé, finalement.

Julien Gérard – C’est très efficace comme parcours.

Céline Dauby – C’est génial, franchement.

Jean-Raphaël Drahi – Vous y attendez, Vincent, en faisant des foires comme ça sur un village de… Vous vous retrouvez marié pour 20 ans ?

Vincent Dauby – Ben non, voir plus !

Vincent Dauby – C’est bien ce qui l’inquiète !

Vincent Dauby – Elle a fait son shopping. Il n’y a pas un site où on voit les madames avec un caddie et un mec dedans.

Jean-Raphaël Drahi – Elle est repartie avec une bouteille de vin et un mari.

Céline Dauby – C’est beau ça, c’est plutôt efficace.

Jean-Raphaël Drahi – Alors pour revenir sur le domaine, le domaine de Belay, j’ai cru comprendre que c’est un domaine un peu particulier puisqu’il est sur une ville.

Céline Dauby – Domaine, ce n’est pas tout à fait le nom, c’est l’appellation d’origine protégée, l’AOP. Effectivement, donc, malgré les apparences, puisque nous sommes en pleine campagne avec un paysage que vous avez évoqué tout à l’heure. Si, si, en pleine campagne, on a un grand terrain. J’ai retrouvé mon barbecue, je suis contente. On a une petite piscine, mais on a surtout, on est quand même dans la campagne. Il y a un petit chemin en cailloux pour venir jusque chez nous. Qu’est-ce qu’on disait ? Redites-moi.

Jean-Raphaël Drahi – C’est une appellation particulière ? C’est un espace géographique qui est un peu particulier ?

Vincent Dauby – Exactement. Comme toute appellation, quelle qu’elle soit, une.

Vincent Dauby – Appellation c’est une définition qui se définit.

Vincent Dauby – Sur une zone géographique, des particularités.

Vincent Dauby – Qui peuvent être des particularités de sol, de climat, là pour le vin c’est aussi des particularités d’exposition et de variété de raisins. C’est un ensemble. Après, il y a des pratiques culturales, de vinification pour le vin ou autre, ou si vous faites du fromage.

Céline Dauby – Ou agricole.

Vincent Dauby – Quel que soit, c’est un cahier des charges, qu’on adhère ou qu’on n’adhère pas.

Vincent Dauby – Si on adhère au cahier des charges.

Vincent Dauby – On peut faire de l’appellation. Si on n’adhère pas, on ne fait pas de l’appellation.

Céline Dauby – Mais effectivement, le premier élément, c’est le territoire géographique.

Vincent Dauby – C’est un territoire géographique.

Céline Dauby – Ce territoire géographique, il est intégralement dans la ville de Nice, en fait.

Jean-Raphaël Drahi – C’est la seule AOP qui est dans une ville ?

Vincent Dauby – Non, c’est la seule AOP. qui est dans une grande ville.

Jean-Raphaël Drahi – D’accord.

Céline Dauby – Dans une grande métropole, oui.

Vincent Dauby – Non, grande ville. Qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas, Nice est la cinquième ville de France. Il y a d’autres villages, il y a d’autres appellations qui ont un petit peu de vigne chez eux, mais pas de la taille de Nice, qui est, comme on dit, la cinquième ville de France. Et toute l’appellation est située sur le nord-ouest de la ville de Nice.

Céline Dauby – Par exemple, une autre ville que tout le monde connaît, où il y a quand même pas mal de vignes, c’est Beaune. Mais l’ensemble de l’appellation, alors tu connais mieux que moi, Vincent, de Beaune, n’est pas intégralement dans la ville de Beaune, en fait.

Vincent Dauby – Il y en a un tout petit.

Vincent Dauby – Peu sur le territoire de Beaune.

Vincent Dauby – Il y en a un tout petit peu, mais voilà. Ou même, vous prenez Bordeaux, je crois qu’il reste un seul domaine qui est.

Vincent Dauby – Sur la commune de Bordeaux. D’accord.

Jean-Raphaël Drahi – Alors justement, votre domaine, est-ce que vous pouvez un petit peu nous en parler ? Alors, comment vous l’avez choisi et comment vous êtes arrivé ? Et c’est quoi ? Parce qu’en plus, je crois que c’est un petit domaine, c’est quelque chose qui est une espèce de petit cocon, une petite pépite.

Vincent Dauby – Bien à vous.

Vincent Dauby – Comme je disais au début, j’avais rencontré une famille sur Bélais qui faisait du vin. Pendant quelques années, j’ai travaillé chez eux.

Céline Dauby – Au départ, tu étais en tant que copain de la famille, ça date du lycée agricole, ils avaient 15 ans.

Vincent Dauby – Copain de la famille, mais après, je suis venu en tant qu’exploitant agricole.

Vincent Dauby – En 98. parce qu’il n’y avait plus personne.

Vincent Dauby – Et j’en ai profité en 2000 pour acheter un premier terrain intégré au domaine.

Vincent Dauby – Puisque moi je ne voyais pas d’autres.

Vincent Dauby – Alternatives, mais c’était normal que j’achète du terrain, que j’agrandisse le domaine, etc.

Vincent Dauby – J’ai rencontré Céline au même moment.

Vincent Dauby – Plus ou moins, on m’a proposé un autre terrain. Mais sur ce domaine familial, on a commencé à avoir des soucis. Et en 2005, on s’est retrouvé…

Céline Dauby – Une main devant, une main derrière.

Vincent Dauby – Comme on dit communément, voilà. Une main devant, une main derrière. Un coup de pied au cul, dégage.

Jean-Raphaël Drahi – D’accord.

Vincent Dauby – Donc, on a commencé en 2005, novembre 2005, avec des terrains, un qui venait juste d’être planté, un autre qu’on venait.

Vincent Dauby – Juste d’acheter et rien d’autre. Des prêts et des dettes. Et pas de production ?

Céline Dauby – Pas de production, même pas de plantation. Oui, il n’y avait qu’un des petits terrains qui était planté, mais qui n’était pas encore en production. Et il est reparti avec rien de son travail précédent, si ce n’est une procédure juridique onéreuse.

Vincent Dauby – Et donc en 2006, on a commencé.

Vincent Dauby – À vinifier avec les raisins que j’ai pu récupérer sur mon premier terrain. C’est un autre vigneron, le bélé, qui.

Vincent Dauby – M’A gracieusement prêté un petit bout de sa cave. En attendant, en moyennant, je faisais quelques travaux dans ses vignes en contrepartie de la cave. Et le deuxième terrain, on a commencé.

Vincent Dauby – À le planter en 2007.

Céline Dauby – Juste, si je peux me permettre, Vincent, pour resituer bien toutes les choses. Effectivement, on a deux terrains. Un que Vincent a acheté en 2000, à l’époque où on ne se connaissait pas encore et à l’époque où il était sur l’autre domaine, et qu’il a planté juste à la période où on se connaissait tout juste, en 2003, l’année de la canicule. Et sur ce terrain, Vincent avait planté du rolle, qui est le cépage principal.

Vincent Dauby – Pour faire du blanc.

Céline Dauby – Sachant que sur l’appellation, on peut également trouver en cépage secondaire du chardonnay. Mais comme lui, c’était une création qu’il faisait, il avait la possibilité de planter ce dont il avait envie. Et il s’est dit que le chardonnay, c’était un super cépage très intéressant, mais que ici, le rolle, c’était quelque chose de très particulier et qui était vraiment propre à Bellay. Et il s’est dit, moi, j’ai envie de valoriser plutôt ça. Donc, il a pris le parti de ne planter que du rolle, d’autant que c’était un petit terrain. On n’avait pas beaucoup de surface. Ça n’a pas changé.

Vincent Dauby – 3000 mètres carrés de plantés. Donc, effectivement, c’est pas grand chose. Et sur le deuxième terrain, que nous avons acheté pour le coup ensemble en 2005, là, on en a parlé et on s’est dit que classiquement, Belet, à l’origine, culturellement, je dirais, est connu vraiment pour ses blancs et ses rouges. Alors, en quantité produite, à l’origine, c’était vraiment les blancs devant et les rouges juste derrière. Maintenant, c’est à peu près au même niveau, voire un poil plus les rouges. Et les rosés arrivent un petit peu après, quand même, en quantité produite. Un peu plus après, oui. Et donc Vincent, il a voulu rester assez fidèle à cette histoire un peu bélétane, si je puis dire, en plantant sa deuxième parcelle avec de quoi faire du rouge. En plus, ça tombe bien, enfin, il prendra le relais, mais ça tombe bien, c’est ce qu’il préfère boire, le rouge et le blanc. Donc finalement, de faire le choix de ne pas planter de braquet, à ce moment-là, c’était assez cohérent avec ses goûts personnels. Donc voilà, il a pris le parti de planter sur notre parcelle en 2007. de cépages parce que le rouge à bélai à l’origine c’était un assemblage de plusieurs cépages systématiquement c’était comme ça et donc il a respecté le cahier des charges de l’appellation à savoir il fallait qu’il y ait minimum 60% de folles.

Vincent Dauby – Noires et ou de braquets ça c’est.

Céline Dauby – Pareil pour le rouge comme pour le rosé, c’est le cahier des charges de l’appellation d’origine protégée qui l’oblige et en fait ce sont le nom des variétés de vignes qu’on utilise à Belay et ce sont des cépages principaux pour l’appellation donc la faune noire on va l’utiliser essentiellement pour faire du rouge et même que pour faire du rouge A contrario, le braquet, on va l’utiliser pour faire du rouge, mais il va d’abord servir pour faire du rosé. A savoir que ces cépages ont la particularité d’être des cépages autochtones, qu’on ne.

Vincent Dauby – Va trouver nulle part ailleurs dans le monde, en dehors de Nice, un petit peu dans certains autres vignobles du département, mais qui sont très peu nombreux. et donc nous on a respecté ce qu’est les décharges avec les 60% minimum donc on a planté 60% minimum de folles noires puisqu’on n’était pas parti pour faire du rosé donc pas de braquet et du coup on a planté 40% d’un cépage secondaire qui est le grenache dont nous avions le choix puisqu’il y a d’autres cépages secondaires mais nous on avait le choix de planter folles noires et grenache Et en fait, pour des raisons un peu de hasard, si je puis dire, on s’est retrouvés à planter la folle noire toutes seules en 2007. Et bien plus tard, en 2010, on a planté le grenache. Donc forcément, quand en 2010, on commençait à vendanger pour la première fois notre folle noire, le grenage, lui, n’était pas prêt puisque c’est l’année où on le plantait. Et donc là, Vincent, il s’est dit, tant pis, je vais faire du 100% folle noire. Finalement, j’ai le droit de le mettre en appellation, même si ce n’est pas très habituel. Ça se faisait pour ainsi dire jamais, les 100% folle noire, Vincent.

Vincent Dauby – Et peu à l’époque.

Céline Dauby – C’était pas courant. Donc il s’est dit mais en fait moi j’ai le droit, donc allons-y. Et puis en le faisant, il a pris plaisir à fabriquer sa faune noire, son 100% faune noire. Il s’est éclaté et il s’est dit mais en fait c’est vachement bon. C’est vachement bien. En plus, il aime bien un peu jongler avec les limites de l’appellation. Et là, on n’est pas dans les limites, on est dedans, mais il bouscule un peu les habitudes. Donc ça, ça lui plaît aussi. Et il s’est dit, on va continuer comme ça. Et là après on s’est dit, c’est bien mais on a planté du grenage quand même, il faut en faire quelque.

Vincent Dauby – Chose, on va pas le jeter.

Céline Dauby – Et donc c’est l’explication, puisqu’on en a parlé avant l’entretien que nous sommes en train de faire, de notre troisième cuvée en rouge. En fait avec nos grenages, nous avons fait une cuvée du coup également monosépage, mais par les hasards des choses. qu’on a vu que Vincent a décidé de vinifier tout à fait différemment que la folle noire, de manière à ne pas les mettre en concurrence, puisque le Grenache, quoi qu’il arrive, ne serait jamais en appellation, puisque ne respecte pas un des critères du cahier des charges, en l’occurrence l’ensépagement. Et donc, il a fait deux vins rouges très différents. Sur le Grenache, on est sur un vin plus léger, léger en termes de structure, de goût, pas en termes de degré d’alcool. Alors que sur le rouge, sur la faune noire, on est sur un vin plus complexe, qui va se garder.

Vincent Dauby – Comme on dit, un vin d’appellation qui va se garder. De toute façon, par le cahier des charges de l’appellation, je suis obligé de.

Vincent Dauby – Le garder plus ou moins, c’est des questions de date, plus ou moins 18.

Vincent Dauby – Mois en cave minimum, dont 12 mois en bois. Voilà, donc j’ai ces critères-là, je fais avec.

Vincent Dauby – Alors que sur l’autre, sur le grenage.

Vincent Dauby – Le seul critère que j’ai, c’est qu’il.

Vincent Dauby – Soit loyal et marchand.

Céline Dauby – On n’a aucune autre obligation.

Vincent Dauby – J’ai aucune autre obligation. J’en ai profité, je me suis dit, bon, les rosées, c’est pas ma tasse de thé, j’aime bien certains types de rosées, mais… les gens habitués à du rosé type Côte de Provence, c’est pas du tout dans le Jarlat que je fais mes rosés. Du coup, j’ai fait un rouge, un rouge léger, fruité, comme on me dit souvent, c’est un vin de barbec, un.

Vincent Dauby – Vin de copain, voilà.

Vincent Dauby – Un vin de soif.

Jean-Raphaël Drahi – Un vin de soif, ouais. Qui est sincèrement extraordinaire, cette cuvée.

Vincent Dauby – Et comme cette cuvée, comme on en.

Vincent Dauby – A parlé au tout début, Ça, c’est.

Vincent Dauby – Aussi les méandres de l’administration française. C’est ce qu’on appelle… C’est un indication géographique, c’est-à-dire c’est ce.

Vincent Dauby – Qu’On appelait avant 20 France.

Céline Dauby – Non, avant, c’est 20 tables.

Vincent Dauby – Maintenant, c’est 20 France. Je ne peux pas lui donner de nom, qu’il rapproche des Nice ou pas.

Céline Dauby – La seule référence géographique à laquelle on.

Vincent Dauby – A le droit, c’est France. Ici, c’est principalement là où je fais mes ventes. On appelle tous la promenade des Anglais, on appelle ça la prom.

Jean-Raphaël Drahi – C’est bien vu. Et nous, forcément, ça nous a fait tilter quand on a préparé. Aujourd’hui, vous avez un domaine qui fait moins d’un hectare, c’est ça ? Vous êtes le petit pousset de Bellay ?

Vincent Dauby – Oui, tout à fait.

Céline Dauby – Exactement. On a, pour être précis, 7000 mètres carrés. Donc effectivement, Geoffroy n’était pas très loin, il a dit 0,8 tout à l’heure. On ne va pas lui en tenir rigueur, parce que 1000 mètres carrés, c’est quand même vraiment pas grand chose.

Vincent Dauby – Ils y seront l’année prochaine.

Céline Dauby – Ah ben voilà, Vincent va faire quelques manques, quelques manquants, des bouts de restants qu’à compléter, donc voilà. Donc finalement, il avait raison, Geoffroy. Donc oui, on est à entre 7 et 8 000 mètres carrés de surface. Pour vous donner un ordre d’idée, on en parlait tout à l’heure sur l’ensemble de l’appellation.

Vincent Dauby – Alors, en surface totale de l’appellation, donc.

Céline Dauby – Tout ça dans Nice, il y a 600 hectares d’appellation.

Vincent Dauby – Belais dans Nice. Ah oui, d’accord.

Vincent Dauby – Mais bon, ça comprend les ravins. Ça comprend tout.

Céline Dauby – Les ravins, les routes, les maisons.

Vincent Dauby – Actuellement, il y a à peu près 150 hectares de maisons.

Vincent Dauby – Un peu de route, des bois, des.

Vincent Dauby – Fonds de vallons, et l’appellation, moi je l’ai connue avec moins vaillante que maintenant, je l’ai connue, il y avait à peu près 25, 30 hectares, allez en grattant bien, il y avait 30 hectares de vignes. Actuellement, on est à peu près à 60 hectares de vignes, dont 55 en production.

Céline Dauby – Donc en surface réellement plantée.

Vincent Dauby – Représente pas grand chose. Ça fait 10% à peu près.

Julien Gérard – 6 hectares vous avez, c’est ça ?

Céline Dauby – Non, 1 hectare. 1 hectare sur 55.

Julien Gérard – Ah oui d’accord, 0,92%. Je suis fatigué moi.

Céline Dauby – Les vacances vont être les bienvenues.

Julien Gérard – On va trouver les calculs, on va les faire et on le mettra dans.

Vincent Dauby – Les notes à l’épisode.

Jean-Raphaël Drahi – Ça représente globalement, approximativement, combien de bouteilles ? Moins d’un hectare ?

Vincent Dauby – Pas assez.

Jean-Raphaël Drahi – Oui, évidemment.

Vincent Dauby – Dans les bonnes années, j’essaye d’augmenter au fur et à mesure, parce qu’il n’y.

Vincent Dauby – A pas de raison.

Vincent Dauby – Dans les bonnes années, j’arrive à 2500-2700 bouteilles. D’accord.

Vincent Dauby – Avec plus ou moins 1000 bouteilles de.

Vincent Dauby – Blanc, à peu près autant entre 700 à 800 voire 1000 en rouge en appellation et le reste en rappellation.

Céline Dauby – Donc le reste, c’est la fameuse prom ?

Vincent Dauby – C’est la fameuse prom.

Céline Dauby – On en a parlé tout à l’heure.

Vincent Dauby – Mais aussi que je me limite parce que mon but n’est pas de faire du vin.

Céline Dauby – Il se limite en rendement en fait.

Vincent Dauby – Quand il dit ça.

Céline Dauby – Donc on sort 500 bouteilles à peu près sur la prom. C’est microscopique, c’est ce que vous disiez tout à l’heure.

Jean-Raphaël Drahi – D’accord. Pour expliquer aux auditeurs, et d’ailleurs à nous, c’est quoi le cycle de production du vin ? Globalement, les grandes étapes, qu’est-ce que c’est ? On voit des vignes, le vin a poussé sur la vigne, il y a peut-être même eu des choses avant.

Céline Dauby – Alors si le vin a poussé sur la vigne, vous me fascinez !

Jean-Raphaël Drahi – Vacances. Avec Julien, on part tous les deux en vacances.

Julien Gérard – Faut préciser qu’on a eu des dégustations.

Jean-Raphaël Drahi – Aussi tout à l’heure.

Céline Dauby – On a été raisonnables.

Jean-Raphaël Drahi – C’est vrai. Quelles sont les grandes étapes de la production ?

Vincent Dauby – Les grandes étapes de la production, c’est.

Vincent Dauby – Déjà, bon, dès le départ, préparer les terrains pour planter les vignes. D’accord.

Vincent Dauby – Vous préparez vos terrains. Si vous avez de la chance, c’est plat. À Bélé, le plat, il n’y en a pas beaucoup.

0Jean-Raphaël Drahi – Oui, c’est pas le…

Céline Dauby – Très pentu.

Vincent Dauby – C’est assez pentu. Donc, en général, c’est des petites restanques, voire des collines un peu plus larges. Mais voilà, c’est des petites restanques, selon les endroits, ça fait entre 5 et.

Vincent Dauby – 9 mètres de large. Bon, les plus larges.

Vincent Dauby – Et puis, vous plantez vos vignes, vos petits bouts de bois. Quand vous les voyez pour la première fois, c’est un petit bout de bois qui fait une vingtaine de centimètres de long sur un centimètre et demi de diamètre. Vous les plantez, vous attendez patiemment à un minimum trois ans avant de voir une grappe dessus.

Jean-Raphaël Drahi – Ah oui, il faut être patient.

Céline Dauby – Oui, et encore, c’est pas grand chose.

Vincent Dauby – Il ne faut pas s’attendre à faire sauter les romans et m’en émerveiller avec ça. D’autant plus que comme on est sur Bellay, qu’on veut travailler sur la qualité et qu’on n’est pas non plus en plaine. Ce n’est pas des plaines du maraîchage en bas sur le Var, je n’ai rien compris. Donc c’est des terrains assez pauvres, très filtrants. Donc la vigne, si vous n’êtes pas bien préparé ou si vous ne faites.

Vincent Dauby – Pas attention, ça ne produit pas beaucoup au début.

Vincent Dauby – Vous récoltez. Si vous faites du blanc ou du.

Vincent Dauby – Rosé, vous pouvez commencer à commercialiser le.

Vincent Dauby – Mois de mars qui suit l’année de la récolte.

Vincent Dauby – Et si vous faites du rouge, vous.

Vincent Dauby – Devez attendre un minimum 18 mois avant la commercialisation. C’est vrai que quand on travaille sur la vigne, on ne travaille pas sur la même longueur que les salades.

Vincent Dauby – On parle souvent avec les maraîchers.

Vincent Dauby – C’est compliqué pour eux, c’est compliqué pour nous, parce que très souvent, entre le.

Vincent Dauby – Moment où on a le terrain et où on commence à avoir la couleur.

Vincent Dauby – Un minimum de production, très souvent, il peut passer entre 5 et 7 ans.

Jean-Raphaël Drahi – C’est énorme.

Céline Dauby – Oui, c’est très lourd du coup en investissement parce que par contre tous les investissements, ou la plupart, pas tous, mais les plus gros en tout cas, vous les faites en amont parce qu’il y a l’achat du terrain, mais après vous.

Vincent Dauby – Avez tout le matériel.

Céline Dauby – Donc pour nous, ça a été la construction d’un cadre puisque nous n’avions rien. Comme dit Vincent, il y a l’achat des pieds de vigne, l’achat de tout ce qui permet de palisser la vigne pour la ranger, si je puis dire. Et puis effectivement, je reviens à la construction de la cave avec tout le matériel de cave aussi. Donc les cuves, le pressoir, les fûts, l’achat du tracteur. On avait presque la larme aux yeux, tu te rappelles, quand on a acheté notre tracteur.

Vincent Dauby – Diverses machines.

Céline Dauby – C’est tellement cher. Et pour nous, ça paraissait tellement énorme d’avoir ce tracteur. On n’avait rien, on avait un tracteur.

Julien Gérard – Mais c’est vrai qu’on n’achète pas tous les jours un tracteur. Ça vaut combien un tracteur ?

Vincent Dauby – Nous, c’est des petits tracteurs, ce n’est pas très simple. Mais bon, en 2009, c’était à l’époque déjà 14 000 euros.

Jean-Raphaël Drahi – Et sachant que tout ça, c’est pour produire quelque chose qui n’arrivera que plusieurs années après.

Vincent Dauby – Et donc, on essaye, parce que ça.

Vincent Dauby – C’Est aussi tout le travail du vigneron.

Vincent Dauby – On essaye que ça soit bon et consommable.

Céline Dauby – Le plus rapidement possible.

Vincent Dauby – Plus ou moins rapidement, mais bon et consommable pour que vous puissiez le vendre, le valoriser correctement et essayer d’en vivre.

Jean-Raphaël Drahi – Parce que vous, le terrain, quand vous l’avez acheté, il n’y avait pas de.

Céline Dauby – Pied de vigne dessus ?

Vincent Dauby – Non, sur aucun des terrains, il n’y.

Céline Dauby – Avait des pieds de vigne.

Jean-Raphaël Drahi – Vous êtes vraiment partie de zéro.

Céline Dauby – On a acheté deux terrains. Enfin, quand je dis on, on ne va pas revenir sur l’histoire qu’on a déjà expliqué. Le premier terrain que Vincent a planté avant que nous nous connaissions, c’était une friche, c’est-à-dire qu’en fait, il n’y avait même pas les restants dont Vincent a parlé tout à l’heure. On ne rentrait pas dedans tellement il y avait des arbres d’une soixantaine d’années et des broussailles, des ronces, et vous ne pouviez pas rentrer dedans.

Vincent Dauby – Au début du 19e, du 20e, il avait dû être en culture, mais ça s’est arrêté là.

Céline Dauby – Il n’y avait pas beaucoup de traces qui restaient. Et donc, avant même de planter, il a d’abord fallu que Vincent obtienne les autorisations de défrichement. C’est presque comme un permis de construire, plus simple, mais tout de même. Et après…

Vincent Dauby – Les autorisations de mouvement de sol pour les terrassements.

Céline Dauby – Tout ça en mairie. Et après, vous avez défriché.

Vincent Dauby – On a débroussaillé.

Céline Dauby – Alors débroussaillé, défriché, tout défriché, abattu les arbres, arraché les racines, terrassé. Et après, c’est une entreprise aussi, une autre, qui est venue faire les terrassements pour pouvoir travailler les lignes un peu mieux.

Vincent Dauby – Mettre le terrain en fond.

Jean-Raphaël Drahi – Donc entre le moment où vous êtes arrivé, vous avez acheté le terrain et la première bouteille qui est sortie, il s’est passé.

Vincent Dauby – Pour le blanc, le blanc il s’est passé cinq ans.

Céline Dauby – C’est plus rapide, mais c’était celui-ci qui était en friche.

Vincent Dauby – Six ans. Mais parce qu’en fait, le terrain, je.

Vincent Dauby – Me rappelle, je l’ai acheté en septembre. Mais après, il faut avoir toutes les autorisations, donc vous monter les dossiers, les banques, les machins, les choses, avoir les droits de plantation, parce qu’on ne plante pas de lavine comme ça comme on.

Céline Dauby – Veut, il faut demander des droits de.

Vincent Dauby – Plantation, il faut que ça donne, vous faites les permis, vous faites ceci, que l’entreprise elle vienne.

Céline Dauby – Bref, en trois ans.

Vincent Dauby – Et ça, je trouvais que les planètes.

Vincent Dauby – N’Étaient pas trop mal alignées.

Céline Dauby – Trois ans avant de planter. Donc en janvier il achète.

Vincent Dauby – J’ai acheté en septembre et j’ai planté en mars 2003.

Julien Gérard – Moi j’ai une question Céline, tu exerces encore en tant qu’infirmière à ce moment là ?

Céline Dauby – C’est mon activité principale moi.

Julien Gérard – Ça reste encore aujourd’hui ?

Vincent Dauby – Aujourd’hui oui.

Céline Dauby – Financièrement, c’est indispensable parce que Vincent aujourd’hui ne se sort pas de… En fait, la société ne se sort pas de bénéfice et Vincent ne se sort pas de salaire.

Vincent Dauby – Je n’ai pas de salaire.

Jean-Raphaël Drahi – Quand on dit que c’est un métier de passion, ce n’est pas une blague.

Céline Dauby – Non, effectivement. Alors après, c’est des choix, c’est des choix qui restent relatifs puisque vous avez compris que le parcours que nous avons eu, puisque du coup, ça s’est mal passé avec son associé à peu près. Enfin, quand on s’est rencontrés, plus ou moins. C’est pas pour dire que c’est de ma faute, attention.

Jean-Raphaël Drahi – Je ne pars pas de la tête de Vincent.

Vincent Dauby – Je l’acceptais, c’est tout.

Céline Dauby – Mais n’empêche que là, c’est parti, c’est mal parti à ce moment-là. Mais c’est vrai que C’est pour ça que je dis que c’est un choix relatif, c’est-à-dire qu’on aurait pu dire, enfin Vincent en tout cas, moi j’ai pas grand chose à dire, c’est pas mon métier, c’était le sien, mais Vincent aurait pu dire bah tant pis, c’est mon métier vigneron, bah de deux choses l’une, soit je laisse tomber et j’arrête ce métier et je fais autre chose, soit je continue mon métier et je… je vais m’installer ailleurs, dans une région où le foncier ne sera pas le même, où l’agriculture sera beaucoup plus présente sur le département, ce qui n’est pas tellement le cas sur Nice. Ce n’est pas un reproche, c’est factuel. Et partir dans un département agricole, ça apporte un certain confort. Et c’est vrai qu’à l’époque, on en a un petit peu discuté. Moi, je venais juste d’arriver dans une région où je ne connaissais personne. J’ai découvert un métier que je ne connaissais pas du tout. Je me suis éclatée à découvrir ce métier. Et Vincent, il aime son métier. Il a eu des problèmes de santé il y a quelques années, des problèmes neurologiques, qui l’ont obligé à avoir un spécialiste. Ils ont fait des examens et à un moment, la personne lui a posé des questions. Elle lui a dit, écrivez-moi une phrase, au hasard, n’importe laquelle. Mais vraiment, elle avait donné aucune consigne. Et Vincent, la seule phrase qu’il a.

Vincent Dauby – Écrite, il a dit « J’aime mon métier ».

Céline Dauby – Donc moi, je ne me voyais pas… À l’époque, j’avais déjà perçu qu’il s’éclatait bien dans ce qu’il faisait. Je ne me voyais pas lui dire, arrête, tu vas planter des salades. Et puis, de toute façon, on n’en avait même pas parlé, en fait, à l’époque, finalement.

Vincent Dauby – Non, on n’en a même pas parlé, mais c’est vrai qu’on a…

Céline Dauby – On n’a rien contre les salades. Attention, ça fait deux fois qu’on en parle. Les maraîchers vont nous en vouloir.

Jean-Raphaël Drahi – On adore les maraîchers.

Vincent Dauby – On adore et on s’entend bien avec d’autres.

Céline Dauby – Avec plein de maraîchers.

Vincent Dauby – Avec plein de maraîchers.

Vincent Dauby – Mais je veux dire, Moi, quand je.

Vincent Dauby – Les vois, je leur dis, mais putain, vous m’étiez de malade là, tout le temps à gratter la terre. Excusez-moi l’expression, le cul en l’air. Et puis, eux, ils nous répondent, mais vous, vous n’êtes pas bien non plus, les vignerons. Vous attendez pendant un an, voire plus, pour refaire votre raisin, le vendre et faire… Nous, on se rate sur des salades. Trois semaines après, on recommence.

Vincent Dauby – D’accord, c’est un passage un peu difficile.

Vincent Dauby – Mais on y arrive. Vous, vous attendez un an pour avoir une récolte. Si jamais ça foire, vous êtes partis. Vous n’avez plus rien.

Jean-Raphaël Drahi – Ça, j’y reviendrai parce que justement, j’ai une question par rapport à ça. Mais pour reprendre un petit peu sur le démarrage de votre activité, sur votre histoire, il n’y a pas que la ville qui était à nu et le terrain à nu. Vous êtes arrivée, Céline, vous me racontiez tout à l’heure, en fait, ici, la maison dans laquelle on enregistre, il n’y avait rien du tout. Vous êtes installée dans une caravane. Alors pas tout de suite.

Vincent Dauby – On a eu une caravane au tout début.

Céline Dauby – On l’a eu très rapidement.

Vincent Dauby – Mais juste pour dormir.

Céline Dauby – Oui, enfin quand même quoi.

Vincent Dauby – Pour en revenir au début, on n’avait.

Vincent Dauby – Pas d’électricité, on n’avait pas d’eau. Donc l’eau, on amenait les bidons de là où on habitait ou on le prenait en bas à Saint-Isidore, à La Fontaine, sur la place. Je crois que maintenant il est fermé.

Céline Dauby – Pas à cause de nous.

Vincent Dauby – Vous avez tari la source. On passait quelques jours ici ou les week-ends. On passait un week-end, une nuit. L’électricité, il n’y en avait pas donc.

Céline Dauby – Oui, il n’y avait rien. En fait, juste pour resituer, tout à l’heure, on a parlé du terrain sur lequel nous avons planté le blanc. Le terrain sur lequel nous sommes pendant l’interview, là, dans la maison, c’est le terrain sur lequel nous avons planté le rouge. Et donc, juste je fais une aparté comme ça, on clôt avec cette histoire. Mais celui-ci, contrairement à l’autre, il était déjà avec des restanques qui n’étaient plus très entretenues, il a fallu les remettre un peu en état, mais il n’y avait toujours pas de vignes. Et effectivement, sur aucun des deux terrains, il n’y avait de culture, il n’y avait d’eau et il n’y avait d’électricité.

Vincent Dauby – Il n’y avait rien.

Céline Dauby – Donc effectivement, comme dit Vincent, Une des choses qu’on a faites assez rapidement, c’est d’acheter une petite caravane que j’ai achetée avec une annonce à l’hôpital, qui a dû nous coûter 400 euros à l’époque pour pouvoir la mettre en fixe ici et avoir un lit pour dormir. Mais on avait des bougies et on amenait nos bidons de l’Escarenne, là où nous habitions, pour venir ici passer le week-end. Et puis, on allait aux toilettes dans la nature et on prenait une douche à l’eau froide avec nos bidons.

Jean-Raphaël Drahi – Et quand est-ce que vous êtes complètement installé ici ? Vous avez vécu au pied de vos vignes ou juste au-dessus en fait ?

Vincent Dauby – Ça, ça a mis un peu plus de temps. En fait, on a eu pour la cave et la maison, on a eu.

Vincent Dauby – Le permis en 2010.

Vincent Dauby – On a commencé et fait la cave, les murs.

Céline Dauby – De quoi héberger nos vins.

Vincent Dauby – Ça, c’était en 2012.

Céline Dauby – C’était ça l’urgence parce qu’en fait, comme disait Vincent tout à l’heure, on était hébergé en attendant chez un confrère et le confrère, c’est normal, il avait besoin de place et il avait besoin de récupérer sa place. Gentiment, au bout d’un moment, il nous a dit il va falloir qu’on fasse quelque chose. Et puis, nous aussi, de toute façon, on avait envie d’avoir nos locaux. Donc, effectivement, c’est l’urgence. Contrairement à d’autres, ce n’était pas la maison, c’était la cave.

Vincent Dauby – Et pour avoir nos locaux, parce qu’on en parlera tout à l’heure, mais aussi pour pouvoir faire les mains que j’avais envie de faire. Parce que vous êtes chez quelqu’un… Oui.

Céline Dauby – Il n’y a pas la même souplesse, on n’est pas chez soi.

Vincent Dauby – On n’est pas chez soi, on ne passe pas la même chose.

Céline Dauby – Oui, c’est comme une location, c’est pareil.

Jean-Raphaël Drahi – D’accord.

Céline Dauby – Donc, tout ça pour dire qu’on a eu le permis en 2010. On a commencé la construction, alors là, tu es meilleur que moi sur les dates.

Vincent Dauby – 2012.

Céline Dauby – En fait, on a fait la cave de manière à pouvoir héberger nos vins pour la première vendange en 2012. Voilà.

Vincent Dauby – Donc septembre 2012, après plein de soucis de construction.

Céline Dauby – Tout est laborieux chez nous.

Vincent Dauby – On a mis nos trois cuves, notre pressoir.

Vincent Dauby – Il y avait l’électricité et l’eau. En avant, on roule ma poule. Il n’y avait même pas de porte sur la cave, il y avait des contreplaqués sur les fenêtres.

Céline Dauby – Il y a toujours des contreplaqués sur les fenêtres. Et quand est-ce qu’on a changé de caravane ? Parce que c’était un peu à l’étroit quand même pour le week-end. En plus, entre temps, on a les filles qui sont arrivées.

Vincent Dauby – On l’a acheté en septembre 2014 et.

Vincent Dauby – On l’a amené ici en janvier 2015.

Céline Dauby – Parce que les filles, donc on a eu nos filles en 2008 et en 2009. Alors je fais une petite parenthèse d’ailleurs parce qu’on a parlé du nom de la cuvée du vin de France qui s’appelle la Prom, en référence à la Prom des Anglais. Et puis pour dire que c’était un peu des vins de chez nous quand même.

Jean-Raphaël Drahi – C’était un vin du coin.

Céline Dauby – Voilà. En revanche, pour les deux appellations, c’est le nom de nos filles. Donc c’est Constance et Clémentine pour le blanc comme pour le rouge. Donc on a eu Constance en 2008, Clémentine est arrivée un peu après, 23 mois plus tard, en 2009. Et à l’époque, on avait encore la vieille caravane. Et d’ailleurs, je me souviens, on faisait un déménagement à chaque fois parce qu’il y avait des portes ouvertes qui existent toujours, deux fois par an. À l’époque, il n’y en avait qu’une, je crois. Peu importe, il y en avait déjà deux. Et je me souviens d’une année où on déménageait tout, les couches, l’eau, la vaisselle, tout, il n’y avait rien. Et on est arrivé, on était sur le chemin pour arriver ici, on était un peu plus bas, il y avait les clients qui allaient venir, on était en porte ouverte. Et là, on s’est retrouvé en panne et on a été super content d’appeler un autre vigneron. Heureusement, il y a des vignerons sympas autour de nous qui est venu nous dépanner et nous a ramené ici avec nos filles et Vincent a pu s’occuper du véhicule, mais voilà. Tout ça pour dire que tout est un peu chaotique et qu’on dormait avec nos filles dans la caravane. Elles n’avaient pas de douche, il n’y avait rien pour elles. Donc au départ, on les lavait, je vous disais ça tout à l’heure, dans une grande caisse avant d’ange. Elles étaient toutes petites, elles rentraient encore dedans. Et au fur et à mesure, la caisse avant d’ange s’est transformée en piscine à petits boudins. Et c’est pour ça que je vous disais tout à l’heure que la piscine avait grandi avec les filles, un peu comme le domaine et un peu comme la maison d’ailleurs. Tout s’est construit en même temps. Et aujourd’hui, après avoir la piscine à trois petits boudins, on a réussi à acheter une grande caravane de gitans auprès de gitans qui se sédentarisaient. Eux, ils avaient l’appartement et nous on récupérait leur caravane. Et donc, du coup, ça nous a permis, quand on a eu vendu notre appartement à l’Escarenne, qui était une autre source de financement pour la construction du projet dans lequel nous sommes, de pouvoir vivre sur le terrain, avoir disposé des finances pour pouvoir avancer le projet de construction. Sauf qu’on a encore eu d’autres aléas sur lesquels nous passerons, parce que c’est administratif, on s’en fiche un peu. Mais bref, on a encore été bloqués pendant quelques temps. Et donc on est arrivés dans cette caravane le 17 décembre, c’est précis, vous allez comprendre pourquoi.

Vincent Dauby – Le 17 décembre 2016. 2016.

Céline Dauby – Pourquoi le 17 décembre c’est important ? Parce qu’en fait c’est le jour où Clémentine, notre deuxième fille, a fêté ses 7 ans, le 17 décembre. Et en fait elle était dégoûtée de passer ses 7 ans en déménageant d’un bel appartement bien confortable. que nous avions tout refait, qui était une ruine. Donc on a vécu en travaux dans cet appartement toute notre vie. Et une fois qu’il était en bon état, on l’a vendu. Et donc Clémentine était dégoûtée de la vie, parce que c’est comme ça qu’on dit maintenant, de passer d’un appartement relativement confortable, bien fini, bien propre, à une caravane aussi belle soit-elle. Ce n’est pas comme ça qu’elle avait envisagé le jour de ses sept ans.

Vincent Dauby – Disons qu’elle passait de 100 mètres carrés à 16.

Céline Dauby – Oui, ça a été un peu dur.

Jean-Raphaël Drahi – C’est-à-dire qu’elle avait le seum.

Céline Dauby – Elle avait le seum, exactement.

Jean-Raphaël Drahi – Alors, justement, merci pour la transition. On va leur demander aux filles qu’elles nous racontent un petit peu leur point.

Vincent Dauby – De vue à elles.

Jean-Raphaël Drahi – Bon, alors là, on va faire un truc un petit peu particulier parce que pour la première fois, on accueille deux jeunes filles. On en parle depuis le début, Constance et Clémentine. Voilà, c’est ça. Alors, Constance, Clémentine, vous avez quel âge, les filles ?

Constance – Moi, j’ai 15 ans.

Clémentine – 13 ans.

Jean-Raphaël Drahi – 13 ans. Bon, alors, papa et maman, ils nous ont parlé du domaine de la vigne. Vous vivez dedans depuis que vous êtes toute petite. Vous, le vin, ça vous parle ? Vous êtes capable d’en parler, du vin, aujourd’hui ?

Constance – Oui, oui, oui. Facilement. En tout cas, de ce qu’on connaît. Pas forcément en rentrant dans les termes techniques, mais dans des choses relativement simples. À quelle période ? On fait quel travail ? Comment se déroulent les vendanges ?

Vincent Dauby – Plein de choses.

Constance – Plein de choses faciles qu’on a appris à connaître comme ça au fil du temps.

Jean-Raphaël Drahi – Et vous participez aux vendanges ?

Clémentine – Oui. En fait, ce que je fais, c’est que moi, j’aime pas trop. Du coup, souvent, quand on fait la petite parcelle, Je reste un peu, mais après je vais aider maman à préparer la cuisine et tout.

Jean-Raphaël Drahi – D’accord.

Clémentine – Et sinon, quand on fait ici, ce que j’aime bien faire, c’est avec des amis, ramasser la première rangée. Parce qu’en fait, elle se finit dans la cabane et les abricotiers. Et l’abricotier, du coup, c’est amusant, on grimpe de partout et tout, donc c’est plus drôle.

Vincent Dauby – Leur partie préférée, c’est au bout d’un moment, c’est… Papa !

Vincent Dauby – Papa !

Jean-Raphaël Drahi – On prend son tracteur. On peut conduire le tracteur, mais on a tous adoré, on a tous adoré le tracteur. Alors juste, moi, j’avais une question parce que votre maman en parlait juste un petit peu avant. Vous avez quand même eu des moments de votre vie en plus de jeunes filles et de petites filles qui étaient Enfin, c’était pas un peu bizarre, difficile parfois de vivre pendant six ans dans une caravane, c’est ça, de fêter ton anniversaire. T’es 7 ans, on a dit avec ta mère, t’avais le seum à cette époque de fêter ton anniversaire. Mais est-ce que maintenant, en fait, vous dites que ça va vous faire quand même des sacrés souvenirs pour plus tard, non ?

Clémentine – Oui. Avec le recul, on se dit que c’est une expérience incroyable et hors du commun, vraiment, d’avoir passé six ans de notre enfance dans une caravane. Mais… Avec piscine !

Vincent Dauby – Avec piscine !

Clémentine – Mais sinon, ouais, sur le moment, c’était un peu long.

Constance – Ouais, c’est long. On va dire qu’en hiver, on travaillait dans la cave, un peu tout entassé sur le bureau en bas. Avant, là où il y avait, du coup, je sais pas si vous êtes allés voir… Ouais, à la cave, on est descendus. Voilà, il y a une table marron. où il y a un peu de bazar. C’était le bureau de maman et il y avait une table ronde et une table avec des traiteaux. Enfin c’était même pas une table du coup. Où on travaillait toutes les trois ici. Donc le soir on rentrait, en hiver on allumait le chauffage, on gardait un petit pull parce qu’il fait froid dans la cave. Et on travaillait là, on avait nos affaires là, on laissait nos sacs ici et après on allait à la caravane et donc… C’était pas forcément toujours agréable. Par exemple, il pleuvait parfois. Quand il pleut à Nice, c’est pas trois gouttes, c’est assez fort. Donc il fallait aller de la cave à la caravane, ça fait malgré tout un petit bout de chemin, donc c’est… Au bout d’un moment, c’est fatigant. Le soir, quand on était plus jeunes, on disait, ouais, ce soir, on peut aller dormir à la caravane. C’était un peu le plaisir. Et là, c’est quand qu’on arrête de.

Vincent Dauby – Dormir dans le caravane ?

Constance – Donc du coup, c’était un peu fatigant. Mais ouais, comme ma soeur l’a dit, ça fait une expérience. Et de dire, ouais, on a vécu six ans quasiment dans une caravane, ça fait un peu stylé quand même.

Jean-Raphaël Drahi – Moi, j’ai été pas surpris, mais ce que j’ai vu en descendant dans la cave et puis ici, il y a beaucoup de dessins, beaucoup de photos de la famille, de vous deux. J’ai l’impression que ça, c’est vraiment une histoire de famille. C’est très soudé et que tout ça.

Vincent Dauby – Ça vous a aussi.

Jean-Raphaël Drahi – C’est un tout petit groupe. Toutes les familles sont normalement des petits groupes très soudés, mais on a l’impression que c’est vraiment, c’est toute une histoire de famille.

Clémentine – Bah oui, un peu, parce que déjà, je ne sais pas comment expliquer.

Jean-Raphaël Drahi – Oui, l’univers notamment professionnel et notamment la production de Papa, en fait, tout se fait ici. En fait, tout est dans une zone géographique très étroite.

Clémentine – Voilà, et puis en plus, moi en tout cas au collège, je sais qu’il y a la majorité des élèves de mon niveau. Et pareil pour les profs qui sont au courant du métier de mon père, contrairement à d’autres élèves dont le père travaille dans des bureaux ou autre.

Constance – On va dire qu’il y a un peu tout qui s’est enchaîné. Maman, elle a rencontré papa en 2003. Ils ont acheté le terrain en 2007. Ouais on a déjà toutes les petites lignes. Et moi je suis née en 2008 donc on va dire que tout s’est enchaîné, les premières QV. elle portait le nom de Constance du coup, et lui, les cuvées en fait portaient le nom de Constance. Donc après on a changé parce que ma sœur est arrivée. Mais du coup oui, on est direct rentrés dans le truc, et comme tout s’est un peu enchaîné, je pense que ça joue aussi le fait qu’on vive dans la caravane, tous les uns sur les autres. Oui c’est fatigant, je suis d’accord. Mais ça nous rapproche quand même malgré tout.

Julien Gérard – Aujourd’hui vous avez chacune votre chambre ? Sauf que quand même, quand on a.

Céline Dauby – Emménagé dans la maison, la première nuit, elles appréhendaient, c’était la première fois de leur vie qu’elles dormaient séparément l’une sans l’autre et les deux sans nous, parce que dans la caravane, il n’y a pas vraiment de porte, on est tous ensemble. Et la première nuit, elles étaient en train de se demander si elles n’allaient pas dormir ensemble quand même la première nuit. Mais en même temps, elles étaient tellement contentes d’avoir leur propre chambre qu’elles avaient quand même envie de dormir dans leur propre chambre. Et donc, la curiosité, l’envie de la découverte a été la plus forte. Mais il y a eu un moment de battement quand même. Et le soir, encore maintenant, on y reviendra après, ça fait quelques mois qu’on est dans la maison. Tous les soirs, nous, on est tranquille dans notre chambre et d’un seul coup, on entend. « Bonsoir, bonne nuit », puis après « Bonsoir, bonne nuit », c’est la deuxième. Elles ont gardé l’habitude d’une proximité qu’on n’a plus comme avant, mais pour elles, c’est resté, je pense.

Jean-Raphaël Drahi – J’ai une dernière question et puis après, je vous fiche la paix. De toute façon, vous avez peut-être des devoirs à faire. Non, ça y est, c’est fini. Bien joué. Ça fait quoi la première fois que vous avez vu la cuvée avec vos prénoms dessus ? Qu’est-ce que ça fait ? Ça fait quoi comme impression ?

Clémentine – Bah, enfin, ma sœur, je sais pas, mais moi, je m’en souviens pas. Parce que, bah, du coup, j’étais vraiment toute petite. Puis je pense que j’avais pas du tout une notion de ça. Mais quand papa et maman, ils ont commencé à vendre leur vin à de grandes enseignes, moi, des fois, auprès de.

Constance – Mes amis, je m’amusais parce que je.

Clémentine – M’Amusais à dire ouais, moi, je suis.

Constance – Connue et tout pour un peu…

Vincent Dauby – C’est mon vin.

Clémentine – Voilà, pour un peu les taquiner.

Constance – Bah un peu comme ma soeur, ils ont commencé, on est quand même tout bébés. Mais oui, ça fait quand même drôle de voir son prénom sur des étiquettes de vin, sur une appellation qui est au final pas plus connue que ça, mais qui finit par pointer un peu le bout de son nez dans la France. parce qu’au final on a un peu du vin de partout, on en a pas mal sur Nice, on en a en Bretagne, on en a un ou deux sur Paris, enfin voilà mais on en a un peu sur partout donc ça voyage un peu dans toute la France et voilà les touristes qui viennent de passage et qui découvrent les domaines, au final ça s’étend et donc dire que notre nom est sur des étiquettes de bouteilles Ça fait une certaine sensation plutôt agréable de mise en valeur.

Jean-Raphaël Drahi – Vous êtes fiers de voir ça sortir de terre et de voir votre père qui produit quelque chose comme ça ?

Constance – C’est pas un métier connu non plus. Enfin, c’est connu on va dire. Mais c’est pas ce qu’il y a de plus courant. Si vous prenez une classe de 32 élèves par exemple.

Céline Dauby – Surtout à Nice, oui.

Constance – Surtout à Nice, effectivement. C’est peut-être pas la majorité de vignerons ou d’agriculteurs qui vont ressortir. Donc, sur Nice en tout cas, parce qu’on est une petite région agricole.

Céline Dauby – C’est pas le plus courant d’avoir un papa agriculteur.

Constance – C’est un peu une… Ça peut paraître bizarre, ça peut paraître un peu… Moi, je sais que sur mon carnet, être agriculteur, bon… C’est pas ce qui fait le plus rêver parfois, mais en même temps, il n’est pas que agriculteur. C’est pas les métiers les plus dévalorisants de l’agriculture, même s’il n’y a aucun métier qui est dévalorisant.

Vincent Dauby – Oui, tout à fait.

Constance – Il y en a qui sont un peu plus valorisants que d’autres. Dire que oui, je fais du vin, ça fait un peu plutôt… plus stylé que d’autres métiers où c’est, oui je tape derrière un ordinateur, alors même s’il y a des très bons métiers, je dénigre pas loin de là, mais…

Clémentine – Puis, moi je me souviens quand j’étais aux primaires et que papa il venait nous chercher avec le 4×4, la remorque et dessus le tracteur, moi j’étais là.

Céline Dauby – C’est mon père, c’est mon père lui, c’est à moi ça. Je sais pas pourquoi tu dis quand j’étais au primaire, parce que encore maintenant…

Clémentine – Oui, mais papa il le fait moins parce que…

Céline Dauby – Si papa il va vous chercher avec le 4×4, elles aiment bien quand même.

Vincent Dauby – Bon bah voilà ce qu’il reste à.

Jean-Raphaël Drahi – Faire, il faut aller les chercher avec le 4×4 et le tracteur.

Constance – Ça devient plus compliqué là.

Clémentine – Oui, surtout qu’en plus le collège il est dans une petite rue, donc… Ouais.

Céline Dauby – Quand papa il allait vous chercher à la crèche à Pasteur qui était tout en haut, il s’amusait pas mal aussi.

Jean-Raphaël Drahi – Bon merci beaucoup, je vais vous laisser tranquille les filles. C’est très gentil.

Julien Gérard – Vous avez déjà une idée ?

0Vincent Dauby – Oui. Du vin ? Non.

Clémentine – J’aimerais être pédiatre.

Julien Gérard – Pédiatre.

Vincent Dauby – Et toi ?

Constance – Moi, j’ai eu plein d’idées de métier. Et puis on a fait des stages, donc à chaque fois, chaque stage, ça a été un peu une déception, contrairement aux autres qui se sont éclatés. Mais quand j’étais en primaire, justement, je pensais reprendre, rajouter une petite ferme, des animaux, un poney. Puis au final, je me suis éloignée de tout ça et là, je me dirige plutôt vers l’histoire.

Vincent Dauby – OK.

Céline Dauby – Elles sont rigolotes parce qu’aujourd’hui, on les laisse faire et tant mieux. Il faut qu’elles fassent leur choix à elles. Ce sont leurs choix, ce ne sont pas les nôtres. Donc on les laisse complètement faire. Mais en revanche, des fois, elles y pensent parce qu’elles nous disent mais alors si nous, on ne reprend pas, comment.

Vincent Dauby – Ça va se passer ? Oui.

Céline Dauby – Parce qu’elles ne veulent pas perdre les vignes, elles ne veulent pas perdre le terrain. Et d’ailleurs c’est rigolo parce qu’on disait tout à l’heure qu’on a eu pas mal de péripéties et il y a notamment eu une période où elles étaient encore petitounes, c’était vers 2015 je crois, où on a envisagé carrément de tout vendre et de partir parce qu’il y avait plein de choses difficiles. Et du coup, c’était tellement réfléchi déjà qu’on leur en a parlé. On n’a pas voulu les prendre au dépourvu. Et là, elles sont parties en pleurs. Elles étaient plus jeunes, mais elles sont parties en pleurs en nous disant mais on ne peut pas partir d’ici. Ici, c’est le paradis. Et donc, de temps en temps, l’autre jour, il n’y a pas si longtemps que ça, Clémentine m’a posé des questions sur comment ça se passerait si aucune d’elles deux ne reprenait. Alors, je leur ai dit qu’on allait régler les problèmes les uns après les autres. Pour l’instant, ce qu’il fallait, c’est qu’elles trouvent un métier qui leur plaise et qu’on verrait le reste après.

Jean-Raphaël Drahi – Bon, merci beaucoup en tout cas. Merci beaucoup pour votre témoignage. On va continuer avec papa et maman. On a encore deux ou trois questions à poser. Alors, justement, on entend, je ne sais pas si on entend pendant qu’on enregistre, il y a un orage autour de nous. C’est toujours une question que je me suis posée parce qu’on entend beaucoup parler dans la presse chaque année au moment des vendanges et autres. L’agriculteur et le vigneron en particulier, parce que vous nous parliez tout à l’heure du temps que ça durait, il a toujours le nez vers le ciel. Il est toujours en train de regarder ce qui se passe et notamment au moment des vendanges, parce qu’en plus ici, le temps peut changer très vite. Est-ce que ça joue énormément sur notamment la récolte ?

Vincent Dauby – Oui, parce que.

Vincent Dauby – Déjà, effectivement, même si on travaille la terre, on est toujours avec le nez en l’air pour voir comment ça se passe.

Céline Dauby – Contrairement aux maraîchers, c’est ça.

Vincent Dauby – Ils ont peut-être le cul en l’air, mais ils regardent ce qui se passe aussi en l’air. Parce que c’est vrai que l’agriculteur est toujours tributaire du climat. Et vous pouvez avoir la meilleure météo de droite ou de gauche. Regardez dix sites, vous allez avoir dix météos différentes. Et c’est après à vous de faire, malgré tout, ce qu’il va se passer. Vous jetez les dés et ça finit toujours comme ça. Et après aussi, c’est comme ça, c’est l’agriculture. On pourrait très bien prendre ceinture et bretelles en étant sous serre et essayer de tout maîtriser, jusqu’à un certain stade. versacité de produits.

Céline Dauby – Ceci dit, des vignes sous serre, en Europe, il n’y en a pas des masses quand même, si ?

Vincent Dauby – Si. Ah bon ? en Angleterre, en Belgique.

Vincent Dauby – Maintenant, ils arrivent à le faire dehors, mais avant, ils n’arrivaient pas. Et puis, je veux dire, on fait bien de la tomate sous serre, de la vine sous serre. C’est tout ça qui pose problème, si ce n’est qu’il n’y a plus aucun réattachement et attachement au terroir, au climat, à tout ce qui va avec. Donc, oui, en même temps, on a des périodes, surtout en ce moment, des périodes sèches, de sécheresse, de froid de chaleur. Effectivement, on est en période de vendange, on se dit qu’on arrive au bout de notre cycle de production de raisins. Ce n’est pas le moment où il pleut. Mais en même temps, je suis très content qu’il pleuve parce que la Terre en a besoin. On en a besoin pour les années qui arrivent, pour plein de choses. On essaie de faire au mieux parce qu’il peut très bien nous tomber un gros orage de grêle alors qu’on a encore une partie des raisins dehors et qu’on ne récolte rien, on est en très mauvais état. C’est arrivé hier dans d’autres régions viticoles alors qu’ils sont en pleine vendange où ils vont commencer les vendanges. Ils ne sont pas très contents.

Jean-Raphaël Drahi – Oui, je peux se comprendre.

Céline Dauby – Oui, parce que là, c’est vrai que c’est ce que disait Vincent tout à l’heure. En fait, si on se prend là un orage de grêle, vous perdez un an de travail et un an de revenus.

Vincent Dauby – Voire plus.

Jean-Raphaël Drahi – C’est complètement faux et ce n’est pas rattrapable, en fait.

Céline Dauby – Difficilement, oui, non. Je me permets de faire une aparté. C’est ça que j’ai appris, c’est une des choses que j’ai apprises en découvrant le métier d’agriculteur, surtout par rapport à mon métier à moi. En fait, je suis infirmière dans les blocs opératoires. Je suis infirmière de bloc opératoire, donc je travaille avec les chirurgiens entre autres. Et dans le métier d’agriculture, j’ai appris l’humilité. Parce que l’agriculteur, il va décider de.

Vincent Dauby – Tout, sauf de la météo.

Céline Dauby – Et là, la météo, c’est plus lui le chef. Et il n’a aucune prise, aucune maîtrise de rien. Il subit et il fait au mieux pour essayer de jongler du mieux qu’il va pouvoir avec la météo et de faire avec. Et là, par exemple, on avait prévu, il n’y a pas si longtemps que ça, Ces jours-ci, il en est prévu de vendanger samedi prochain. Et là, on est en train de réfléchir. On est mercredi. On est en train de réfléchir et on pense qu’on ne va pas pouvoir vendanger samedi. Sauf que derrière, il pleut a priori. C’est sous couvert des prévisions météo, mais a priori, il va pleuvoir plusieurs jours d’affilée. Et tant qu’il va pleuvoir, c’est compliqué de vendanger. Donc peut-être qu’on va devoir vendanger, très probablement d’ailleurs. On va vendanger avant, mais c’est vrai que ça remet toute une organisation en cause. Là, tous les vendangeurs que j’avais trouvés pour samedi, il faut que j’en recherche d’autres pour vendredi, et ainsi de suite. L’organisation dans la cave, l’organisation… Comme on n’a pas assez avec les vignes, Vincent, il fait également de la prestation de service auprès de particuliers qui ont des vignes. c’est pareil, il faut tout réorganiser avec eux aussi. Sauf que eux, la plupart du temps, c’est des gens qui bossent, c’est pas des agriculteurs, donc ça a un impact aussi pour eux. Et voilà, ça se répercute un peu en cascade, si je puis dire. Après, comme toutes les situations, il y a toujours un avantage et un inconvénient. Donc s’ils grêlent, ça va pas nous faire plaisir. S’il pleut, à contrario, on va être bien content. Alors peut-être que sur le moment, on ne va pas être content parce que ça va chambouler tout notre programme et que ça remet tout en cause. Mais par contre, ça va quand même donner à boire au sol quand on a extrêmement besoin, profondément besoin. C’est pour ça qu’on dit que les agriculteurs ne sont jamais contents. Oui, c’est pour ça. C’est parce qu’en fait, il n’y a jamais un critère qui n’est que positif. Donc, l’agriculteur, il n’est pas satisfait parce que lui, il ne veut que du positif. Mais comme toutes les situations, il y a un revers de médaille. Donc, il faut aussi composer avec le revers de médaille.

Jean-Raphaël Drahi – Oui, sur… Enfin, faire son vin, ce n’est pas aussi facile que ça paraît. Ça consiste en quoi ? Qu’est-ce que ça veut dire, faire son vin ?

Vincent Dauby – Alors, souvent, on voit que l’étape finale.

Vincent Dauby – On voit que l’étape finale, qui est la vendange.

Céline Dauby – Et le produit fini après.

Vincent Dauby – Et le produit fini par derrière.

Jean-Raphaël Drahi – Voilà, on cueille le vin et après on met dans la bouteille. Et ça y est, c’est fini.

Céline Dauby – Vous dites qu’on doit cueillir du vin. Ça fait deux fois.

Jean-Raphaël Drahi – On cueille le raisin.

Céline Dauby – On va planter des bouteilles et on.

Vincent Dauby – Va réchauffer les bouteilles. Bon allez, je sors de ce podcast.

Vincent Dauby – On cueille le raisin et par l’opération du Saint-Esprit, il sort des bouteilles pleines.

Jean-Raphaël Drahi – Mais en fait, il s’est passé…

Vincent Dauby – Il s’est passé un peu de choses. Déjà, pour faire le raisin, il faut bien conduire la vigne, bien conduire le vignoble, qu’il produise suffisamment.

Céline Dauby – Qualitativement, avec des bons raisins.

Vincent Dauby – Qualitativement parlant.

Vincent Dauby – Je ne mets pas aucune… Pour moi, je ne mets pas… Telle région, c’est que des merdeux, ils ne savent pas faire du vin.

Vincent Dauby – Non.

Vincent Dauby – Pour moi, il n’y a qu’une chose qui existe, c’est… Il n’y a pas de mauvais vignobles, il n’y a que des mauvais vignerons. Le vin c’est une histoire de personnes, c’est pas… Et puis après, il y a l’appréciation de tout le monde. Donc déjà, pour avoir, entre guillemets, un bon vin, qu’est-ce que c’est qu’on va dire ? Qu’est-ce que c’est un bon vin ? Ça, c’est un autre problème. Pour avoir un bon vin, moi, je répète toujours la même phrase qu’on m’avait apprise.

Céline Dauby – Elle est super, cette phrase.

Vincent Dauby – Nous avait appris notre prof de VT à Montpellier, à l’époque, au BTS.

Vincent Dauby – Il nous disait, vous pouvez être le.

Vincent Dauby – Meilleur vinificateur au monde, avoir le meilleur matériel au monde. Si vous rentrez de la merde, vous ferez peut-être de la bonne merde, mais ce sera toujours de la merde. Par contre, si vous rentrez du beau.

Vincent Dauby – Raisin, ça ne veut pas dire que.

Vincent Dauby – Vous allez faire des bons vins, mais ce sera déjà plus facile. Donc j’ai gardé ce principe-là. Mais après, c’est pareil. Disgresser, partir un peu à droite à gauche sûrement. Faire du vin, il y a 50.

Vincent Dauby – 000 manières de le faire.

Vincent Dauby – Il n’y a pas de vérité absolue de ce côté-là. En sortant de BTS, comme j’ai dit.

Vincent Dauby – Je suis sorti, je sais faire du vin.

Vincent Dauby – On m’a appris, je sais faire.

Vincent Dauby – 30 ans plus tard, éventuellement, je fais.

Vincent Dauby – Un breuvage hydroalcoolique plus ou moins consommable. Mais aussi, les vins que j’ai pu.

Vincent Dauby – Faire il y a 30 ans, que.

Vincent Dauby – Ce soit sous la direction d’autres vignerons, d’autres propriétaires, d’autres régions, tous les vins évoluaient. Je ne travaille plus et je ne bois plus de la même manière les raisins que je fais et les vins que je fais maintenant que ce que j’ai pu faire il y a 30 ans. Je dis souvent, il y a 30 ans, en sortant de l’école, on était des petits chimistes. Oui, on avait du raisin. Déjà, pour avoir du vin, il fallait faire du raisin. Pour faire du raisin, on avait toute la panoplie de produits, comme on dit gentiment maintenant, phyto-pharmaceutiques.

Jean-Raphaël Drahi – Oui, de plein de produits chimiques.

Vincent Dauby – Oui, phyto-pharmaceutiques.

Vincent Dauby – Maintenant, mais ça c’est depuis pas mal de temps, et pour faire le vin.

Vincent Dauby – Par derrière, c’est exactement pareil. Aucun souci. On parle, on met à l’opprobre l’industrie agroalimentaire pour les plats ultra transformés, préparés dans tous les sens et les additifs.

Vincent Dauby – X, Y, Z qu’on peut rajouter dans.

Vincent Dauby – Des plats qu’on va manger. dans le vin, pour faire des copains, c’est exactement pareil.

Vincent Dauby – Pas de souci.

Vincent Dauby – C’est une des raisons pour lesquelles beaucoup de vignerons ranaclent quand mettent la liste des ingrédients. Ah oui, pour neuf dixièmes des gens, comme tu viens de le dire, pour faire du raisin, c’est tout juste si la bouteille ne pousse pas sur la bouteille, sur le vigne.

Céline Dauby – Oui, oui.

Julien Gérard – Jean-Raphaël, on est persuadé.

Vincent Dauby – Voilà, c’est pour ça que je disais.

Julien Gérard – Ça tout à l’heure.

Vincent Dauby – Donc nous, sur le domaine de.

Vincent Dauby – Vinceline…

Céline Dauby – C’est-à-dire qu’en fait, Vincent, si je peux me permettre, quand il a eu son BTS, il est parti faire ses expériences à droite à gauche avant de revenir sur Bel-Air. Et quand il est revenu sur Bel-Air, on vous a raconté un peu notre histoire où on n’a pas pu avoir nos propres locaux tout de suite. Et donc bref, il a eu tout un tas d’occasions pendant lesquelles il a essayé plein de choses. et notamment ces produits-là dont il a parlé, notamment la fabrication de vins comme il dit très technologique. Et quand on a eu la perspective d’avoir nos propres locaux avec une autonomie totale, là il s’est dit c’est peut-être l’occasion pour se recentrer sur la matière première du vin, à savoir le raisin, et donc il s’est dit c’est le moment ou jamais Je mets de côté tous les produits que j’ai pu utiliser auparavant, toutes les belles technologies qui ont pu être mises à ma disposition et je vais faire le plus simplement possible.

Vincent Dauby – Après, je ne renie pas du tout toutes les manières dont j’ai appris, dont j’ai fait. J’ai beaucoup rigolé, c’était super marrant. La technique, on fait des trucs dans notre monde. Et en même temps, Maintenant, je me suis dit, en 2012, puisqu’on a eu un autre cas où j’étais entièrement libre de faire ce que je voulais, de.

Vincent Dauby – La manière dont je voulais, je me.

Vincent Dauby – Suis dit, je veux faire le vin le plus simple possible. C’est là que les emmerdes ont commencé. Parce que justement, tous les petits produits que l’on rajoutait de droite et de gauche, c’était pour simplifier le travail, faire un travail bien propre, bien lisse, avec des vins certes bons, mais je dirais un peu méchamment maintenant, sans âme ni vertu. Ça ne veut pas dire qu’ils étaient mauvais et qu’il faut tout jeter par la fenêtre et que non, ça va badérer trop Satanas, c’est très loin de là. Mais si il faut le faire pour le refaire pour d’autres raisons et pour d’autres, pourquoi pas ? Mais bon, j’ai trop envie de faire ça. Mais ça ne veut pas dire que parce que je fais des vins simples, en ayant le minimum de produits à rajouter dedans, ça fait des super vins. Ce n’est pas vrai.

1Jean-Raphaël Drahi – Mais en revanche, c’est un vin qui vous ressemble. Donc, si je comprends bien le vin, quand on commence à arriver à le comprendre un peu, on comprend un peu le vigneron.

Céline Dauby – Oui, c’est exactement ce que je voulais dire depuis tout à l’heure. D’ailleurs, je ne sais pas si ce n’est pas une expression allemande, mais je ne suis pas certaine, il faudrait que je vérifie, qui dit, regardez ce que vous avez dans votre assiette et je vous dirai qui vous êtes. Et le vin, c’est un peu ça. C’est-à-dire qu’à travers le vin, vous allez retrouver l’âme du vigneron, de celui qui le fabrique. Et je trouve que c’est assez vrai, même quand je compare avec des vins de nos confrères, que ce soit ici, sur Belay ou dans d’autres régions. Et quand je connais le vigneron, Ça m’amuse parce qu’effectivement, on retrouve certains traits de caractère dans le vin qu’on va retrouver un peu dans le vigneron. Effectivement.

Jean-Raphaël Drahi – C’était ça aussi, moi, qui m’avait beaucoup intéressé quand on avait parlé de votre production avec Guillaume et Geoffray au V&B. C’est qu’ils racontaient aussi toute l’histoire. Avant même de goûter la bouteille, avant même de goûter ce que vous produisait, on avait déjà envie de le goûter, le vin, parce qu’il y avait quelque chose derrière. Il y avait une âme. Il y avait un vigneron qui met tout son cœur et ça peut paraître… Voilà, je pense que ça se sent dans…

Céline Dauby – Mais je pense, oui. Alors, des fois, dans le bon sens du terme, comme je disais tout à l’heure, il n’y a jamais de choses parfaites. Donc, des fois, dans le bon sens du terme et parfois, un peu moins. Il y a les défauts aussi qui peuvent ressortir un petit peu. Mais c’est tout ça l’âme justement du vin.

Jean-Raphaël Drahi – Comment ça s’est passé avec le V&B d’ailleurs ? C’est eux qui sont venus vous voir ? Vous qui êtes allé les voir ?

Vincent Dauby – Non, c’est eux.

Céline Dauby – On a beaucoup de chance dans notre chemin chaotique. C’est qu’en fait, on a une production qui est tellement petite que Alors il y a des gros inconvénients je vous rassure, une petite production, mais quand même une grosse chance c’est qu’en fait on n’a pas besoin d’aller démarcher qui que ce soit parce que de toute façon sans démarcher de toute façon on n’a pas assez de vin pour satisfaire tout le monde. Donc quoi qu’il arrive on ne démarche pour ainsi dire jamais personne. Et en l’occurrence, quand ils sont installés tous les deux, c’est par le bouche-à-oreille. C’est toujours, franchement, tous nos clients professionnels, ça a toujours été par le bouche-à-oreille. Et ils ont entendu parler de notre vin, ils ont goûté notre vin et ils ont eu déjà un déclic. Et après, on a échangé par téléphone. Je suppose que ça a dû les conforter dans leur choix, je présume. Et enfin, on a été manger nous sur place en allant les livrer, d’ailleurs, je crois bien. Oui, voilà, c’est ça. On allait les livrer. Puis on s’est dit, c’est l’occasion.

Vincent Dauby – C’était le début des vacances scolaires.

Céline Dauby – Cette année, avec les filles, Constance avait eu son brevet. On s’est dit, allez, on va fêter le brevet de Constance, le passage en troisième de Clémentine. On livre le V&B, ils ont l’air très sympas. On va aller grignoter et boire un verre chez eux. Et on a passé une super soirée, on s’est régalé à tout point de vue, tant pour manger que pour boire. Et en plus, on a de nouveau discuté, mais cette fois-ci de visu avec eux et on n’a pas regretté. C’était un très bon moment.

Vincent Dauby – Parce que là, c’est pareil. Là, nous, on parle du vin, mais quand on regarde aussi sur tous les produits agricoles, d’ailleurs, on revient sur plein de choses qui bougent dans tous les sens. Il n’y a jamais eu autant de microbrasseries qui s’ouvrent et qui se ferment, qui s’ouvrent en ce moment dans la bière. Jamais autant de… de jeunes qui s’installent en maraîchage et qui font des légumes.

Céline Dauby – Anciens, des reconversions ou des installations.

Vincent Dauby – Ce n’est pas un phénomène de mode.

Jean-Raphaël Drahi – Pardon, je m’excuse, mais peut-être.

Vincent Dauby – Peut-être, mais il y en a qui restent.

Céline Dauby – Et puis, si c’est une mode qui apporte quelque chose, alors d’abord à ceux qui sont concernés déjà et ensuite pour la terre au sens propre du terme, c’est plutôt Tout sympa.

Vincent Dauby – Mais je veux dire, au même titre que sur les bières, j’ai beaucoup de plaisir à boire une bière trapiste d’abbaye, que ça fait mille ans qu’on fait la même chose, au même titre qu’ils m’ont fait découvrir des bières modernes comme on fait maintenant, avec des goûts fabuleux aussi. Dans le vin, c’est exactement pareil.

Vincent Dauby – Bon, sauf que par exemple, quand on.

Vincent Dauby – Me dit je fais le vin comme.

Vincent Dauby – Les Romains, Mais au défi de boire.

Vincent Dauby – Ce que buvaient les Romains, c’est plus pour nous.

Jean-Raphaël Drahi – Oui, mais j’ai cru que ça ne devait pas avoir le même goût, en fait.

Vincent Dauby – Ils n’avaient pas le même goût que nous. C’est assuré et c’est sûr.

Vincent Dauby – Mais actuellement, une des grandes modes sur.

Vincent Dauby – Les vins, qu’on peut appeler ça une mode parce que des fois ça marche, des fois ça marche bien, c’est ce.

Vincent Dauby – Qu’On appelle le vin nature.

Vincent Dauby – Vin nature, déjà, par définition, ça n’existe pas. La nature, elle ne fait pas de vin. La nature, elle fait du vinaigre éventuellement.

Vincent Dauby – Mais elle ne fait pas de vin.

Vincent Dauby – C’est que l’homme, et pour son usage.

Vincent Dauby – Privé et personnel, qui fait du vin.

Céline Dauby – Après, l’idée n’est pas nulle de parler de vin nature.

Vincent Dauby – Mais de parler de vin nature par rapport à tout ce qui peut se.

Vincent Dauby – Faire sur des vins techniques, oui, on va laisser le plus possible la nature agir.

Vincent Dauby – Mais pour que la nature agisse dans notre sens, Il faut un peu l’aider quand même.

Vincent Dauby – Quelle que soit la manière.

Vincent Dauby – Oui, je fais pour beaucoup, je fais des vernatures parce qu’à part prendre du raisin et mettre un peu de sulfite dedans.

Céline Dauby – Et encore à peine.

Vincent Dauby – Et encore, ça dépend des années, je.

Vincent Dauby – Ne fais rien d’autre.

Vincent Dauby – Mais je suis tout le temps très surveillé.

Jean-Raphaël Drahi – Le vin, il va évoluer au fil des années. Est-ce que celui qu’on peut boire maintenant ne sera pas du tout… Je ne parle même pas de conservation, mais est-ce qu’il va être différent dans son travail ? Est-ce que dans 10 ans, quand on boit, on va dire mais ce n’est plus du tout la même chose ?

Céline Dauby – Oui, on l’a testé pour vous.

Vincent Dauby – On l’a testé pour vous, il n’y a pas de souci. Moi, ça fait 30 ans que je fais du vin, ça fait… Il y a plus de 20 ans que je suis sur Belay et les vins que j’ai pu connaître il y a 30 ans sur Belay et les vins qu’on fait maintenant…

Jean-Raphaël Drahi – Ils n’ont plus rien à voir ?

Vincent Dauby – Ils n’ont plus rien à voir. Ils ont toujours une trame, parce que.

Vincent Dauby – C’Est la notion d’appellation. On va retrouver toujours la même trame.

Céline Dauby – Mais la question, c’est par rapport à un vin qu’on a fabriqué une année, est-ce que ce même vin, dix ans plus tard, va être le même ?

Vincent Dauby – Non, je ne pense pas que c’était ça.

Jean-Raphaël Drahi – Est-ce que dans la manière de le faire, ce vin, justement, la manière évolue et fait que le vin, petit à petit, devient différent et que ce n’est pas celui des Romains qu’on boit maintenant ?

Vincent Dauby – Même à titre d’exemple, Les pauvres, on.

Vincent Dauby – Leur tape surtout en ce moment beaucoup dessus. Vous prenez les grands Bordeaux, les grands domaines de Bordeaux ou les grands domaines de Bourgogne. Avant, on disait, tel domaine, pas avant 20 ans, c’est pas la peine de le boire parce qu’il n’est pas bien ouvert, etc. Maintenant, quel que soit le.

Vincent Dauby – Grand cru qu’il puisse y avoir, à.

Vincent Dauby – Part certains, même jeunes, ils sont accessibles.

Vincent Dauby – Et plaisants à boire.

Vincent Dauby – Vous les preniez avant, avant 10 ans.

Vincent Dauby – Un pinot bâtard au moment raché, c’est même pas buvable.

Céline Dauby – Après, je pense que la fabrication aussi a évolué de manière consciente et inconsciente, mais pour s’adapter à la consommation de ceux qui boivent le vin. On ne boit plus le vin de la même façon.

Vincent Dauby – Et puis on apprend plus aussi sur les vins. À l’époque, ma grand-mère me disait que du vin, j’en ai toujours bu. Depuis que je suis grémine, ils mettaient.

Céline Dauby – Un peu de vin dans l’eau pour la colorer.

Vincent Dauby – Mais c’est aussi parce que l’eau n’était pas toujours potable au sens du terme où on l’entend maintenant. Ma grand-mère, Principalement, l’eau, on allait la chercher à la source ou c’était la cuve qui se remplissait par le toit, par la citerne. En début de saison, ça allait. En fin de saison, quand ça fait six mois qu’il n’a pas plu, on met un peu de vin dedans parce que, comme les bières à faible degré, dès qu’il y a 4% d’alcool, il n’y a plus de germes pathogènes. Et puis, donc, les gens, ils buvaient principalement du vin. C’est ce qu’on appelait les vins d’ouvriers.

Vincent Dauby – Les vins de force.

Vincent Dauby – Maintenant, ça, on n’en boit plus.

Céline Dauby – Et puis, il y a eu les vins qui ont été pas mal. On avait vu une émission, tu rappelles, sur ça, qui était vachement intéressante, sur l’évolution de la vigne, où ils expliquaient que le gouvernement, en fait, tu vas me reprendre si je dis des bêtises, mais c’était pendant la Première Guerre. Ou en fait, si je crois que c’est ça, où en fait, ils ont un peu encouragé les soldats à boire un peu de vin pour les combats, pour passer les capes un peu difficiles. Mais du coup, après, ça a un peu resté, en fait. Ils avaient pris un peu l’habitude de… Ils se sont aperçus qu’en fait, le vin apportait une certaine dose de plaisir. Et donc, on se dit finalement, c’est pas… D’accord, ça nous a permis de combattre. Mais maintenant qu’on n’a plus besoin de combattre, après tout, pourquoi on ne garderait pas cette notion de prendre un peu de plaisir ? Et donc, on a gardé un peu cette habitude. Mais aujourd’hui, boire au quotidien, ça se fait beaucoup moins qu’auparavant.

Vincent Dauby – Ce n’est pas difficile. Dans les années 70, on buvait à peu près, en moyenne, 130 litres de.

Vincent Dauby – Vin par an et par habitant. 130 litres ?

Céline Dauby – En quelle année tu dis ?

Vincent Dauby – 70, dans les années 70. Là, on en est à 45.

Vincent Dauby – Il y a d’autres alcools qui ont beaucoup plus augmenté aussi.

Jean-Raphaël Drahi – Oui, je crois que la bière…

Vincent Dauby – La bière est en train de dépasser…

Jean-Raphaël Drahi – Bonjour Julien, toi t’as les bons chiffres sur la bière ?

Vincent Dauby – La bière est en train de dépasser la consommation.

Céline Dauby – Oh les sous-entendus ! Prêt à se rendre compte là ?

Jean-Raphaël Drahi – Avant de passer sur la toute dernière petite partie, on va parler un petit peu de Nice. Il devrait être comment le domaine dans dix ans ? Comment vous le voyez ? Comment vous voudriez qu’il soit ?

Vincent Dauby – Plus grand ?

Céline Dauby – Plus… Plus grand, là, on a du mal à se projeter parce que sur le plan financier, on est au taquet, c’est-à-dire que même acheter un toilette à Bel-Air, ce n’est plus possible pour nous, j’entends. Autant vous dire qu’une parcelle de vignes, même pas dans nos rêves, les plus fous. Dans les rêves, oui. Des rêves très, très, très lointains quand même, parce qu’il y a un moment où il faut avoir les pieds sur terre. La notion de s’étendre nous paraît aujourd’hui un peu compliquée.

Vincent Dauby – Comment on le voit ?

Vincent Dauby – Un peu mieux organisé parce que c’est encore…

Céline Dauby – Un peu plus abouti, effectivement. On vit encore un peu dans un chantier.

Vincent Dauby – On vit un peu dans un chantier. Chose que je fais depuis quelque temps, me recentrer vraiment sur la production.

Céline Dauby – Sur un travail de fond.

Vincent Dauby – Un travail de fond.

Vincent Dauby – Mais voilà, on travaille par les cycles de la nature et autres. Ça ne se fait pas en deux coups de cuillère à peau, comme on dit, et une poudre de perlimpinpin. Ça, ça ne marche pas. C’est du travail de longue haleine.

Céline Dauby – Le travail de fond c’est de nourrir davantage les sols pour pallier la sécheresse qui a tendance à s’installer de plus en plus, de manière à essayer de limiter autant que possible l’irrigation et puis à gagner en qualité. Donc ça c’est le travail de longue haleine et puis après des travaux d’entretien mais qui indirectement vont impacter, c’est-à-dire refaire des talus, Tout bien entretenir l’ensemble du terrain en fait, parce que ça va faciliter le travail derrière, le passage du tracteur par exemple, retendre bien le palissage, un travail de fond qu’on a aujourd’hui un petit peu du mal parce qu’on court après le temps, on court après l’argent, donc c’est vrai que des fois on est un petit peu en retard sur ça.

Vincent Dauby – Et puis aussi, je pense que les.

Vincent Dauby – Vins, en termes de goût et de.

Vincent Dauby – Fabrication, ils vont évoluer aussi. Ils vont évoluer aussi parce que j’essaie.

Vincent Dauby – De garder une ligne de conduite.

Vincent Dauby – Je sais plus ou moins un peu comment je veux faire mes vins. Mais j’aime bien explorer à droite à gauche, me dire, tiens, si je faisais un peu plus comme ça, qu’est-ce que ça donne ?

Céline Dauby – C’est pour ça qu’on aime bien échanger, qu’on a gardé plein de copains. Vincent, il a gardé plein de copains de son époque du BTS vitionno. Et puis après, il y a d’autres rencontres aussi qui se font avec d’autres vignerons ou même des brasseurs.

Vincent Dauby – Des brasseurs à l’étranger, pas à l’étranger.

Céline Dauby – Des maraîchers, on en parlait tout à l’heure. On va échanger avec eux et on adore. D’abord parce que ça nous permet d’avoir un regard extérieur sur ce que nous on fait. Eux, ils vont regarder comment on fait. Enfin, on va leur en parler. Ils vont goûter nos produits. Ils vont nous donner leur regard extérieur et puis éventuellement des petits conseils, des petites astuces, des idées. Tiens, tu devrais essayer ça. Et c’est vrai que ça permet d’évoluer toujours un peu et de se remettre en cause sous le temps.

Jean-Raphaël Drahi – Pour terminer, on va un petit peu parler de la région. Vincent, est-ce que c’est une région de vin ? Parce que naïvement, moi, je pose pas de questions naïves. Moi, Bordeaux, Bourgogne, bon, allez, Alsace, pour faire plaisir à Julien. Mais Côte d’Azur, c’est pas la première chose qui me vient en tête.

Céline Dauby – Oui, ou alors le rosé, peut-être.

Jean-Raphaël Drahi – Oui, voilà. Non, mais je parle de vin.

Vincent Dauby – Rabiais.

Julien Gérard – Non plus, tu ne vas pas te faire des amis chez des petits culteurs.

Céline Dauby – Alors ceci dit, nous, on est complètement neutre. Je fais une parenthèse parce que vous me tendez perche, mais néanmoins, sur Bel-Air, il y a des rosés qui sont très caractéristiques et qui parfois valent le coup.

Jean-Raphaël Drahi – Non, mais il peut y avoir des rosés très sympathiques. Non, je rigole. Alors, est-ce que c’est une région ?

Vincent Dauby – C’est une région de vin ou pas ?

Vincent Dauby – C’est une région de vin.

Vincent Dauby – De toute façon, c’est On voit toujours les Alpes-Maritimes comme maintenant, à l’heure actuelle.

Vincent Dauby – À l’heure d’aujourd’hui, je sais, pas grave.

Jean-Raphaël Drahi – On coupera, voilà.

Vincent Dauby – On voit les Alpes-Maritimes avec la plage, le soleil, les immeubles et tout ce qu’on veut.

Céline Dauby – Les palmiers.

Vincent Dauby – Les palmiers, voilà. Si on replace les Alpes-Maritimes, qui ne.

Vincent Dauby – S’Appelaient pas les Alpes-Maritimes, dans leur contexte.

Vincent Dauby – 1860, les Alpes-Maritimes, quand il y a eu le vote pour venir à la.

Vincent Dauby – France ou pas à la France, il.

Vincent Dauby – Y avait 80 000 votants.

Julien Gérard – Ça fait moins de monde.

Vincent Dauby – Actuellement, les Alpes-Maritimes, il y a plus d’un million d’habitants.

Vincent Dauby – Tant normal, je ne parle pas de l’été.

Vincent Dauby – Dans les années 70, il y avait.

Vincent Dauby – Rien que sur Nice, à peu près autant d’exploitations agricoles qu’il y en a maintenant sur tout le département. Et chaque agriculteur, chaque personne avait son petit bout, son petit carré de vignes au fond du jardin pour faire sa piquette, pour faire son vin, plus ou moins.

Céline Dauby – Un peu comme les oliviers, tu veux dire ?

Vincent Dauby – Oui, un peu comme les oliviers. Souvent, quand on replace, je ne sais pas si c’est marqué dans le livre, quand on a fait les 80 ans de l’Appellation, il y avait à Bélais, en 1941, quand on a fait l’Appellation, il y avait à peu près 150.

Vincent Dauby – Hectares de vignes en Appellation, et peut-être.

Vincent Dauby – Sur les départements, pas loin de 1000 hectares. Non, les immeubles ont poussé et les fleurs ont disparu.

Vincent Dauby – Voilà.

Vincent Dauby – C’est juste une question d’évolution. Après, quand on regarde, même dans les textes anciens, il y a toujours eu du vin à Bellay et toujours eu du vin à Nice. C’était M. de Charnassé qui nous avait montré, nous a dit les choses. Il me semble qu’ils avaient retrouvé… M.

Céline Dauby – De Charnassé, c’était l’ancien propriétaire du château de Bellay et qui était une famille aristocratique de longue date.

Vincent Dauby – Une vieille famille niceoise depuis toujours. Je crois qu’ils avaient retrouvé des textes comme quoi le seigneur du coin avait envoyé quatre barriques, cinq fioles et dix flasques au roi de France et qu’il avait été très apprécié au XIVe.

Céline Dauby – Alors moi pour répondre à la question de savoir si c’est une région viticole ou pas, en tant que nouvelle arrivée sur la région, maintenant un peu moins parce que ça fait 20 ans, mais je me rappelle quand même de mon arrivée. C’est ce que je vous disais, moi quand je suis arrivée ici, ça rejoint ce que Vincent disait, j’imaginais plein de.

Vincent Dauby – Choses sur la Côte d’Azur, énormément de choses, mais tout sauf qu’il y ait.

Céline Dauby – Du vin, ça c’est clair. Donc a priori pour répondre à votre question, dans l’imaginaire des gens, non. Les Alpes-Maritimes et Nice encore plus, n’est pas une région viticole. Sauf que, maintenant que j’y suis, on ne peut pas nier cette histoire qui est là depuis fort longtemps. Je crois que c’est dans les caves du château de Crémin qu’il y a des traces qui datent de l’Antiquité et qui attestent de la présence de vignes ici et de culture de la vigne. Donc cette histoire, elle existe, elle est intimement liée à Nice, et aussi petite soit-elle, aussi méconnue soit-elle, elle est là. Et c’est ce qui fait une de ses particularités, ce qui fait que ce n’est pas seulement le domaine de Vinceline qui est une pépite, c’est l’appellation Belay en elle-même qui est une pépite. Et il y a autre chose aussi que je voudrais dire qui élargit un peu la question propre à la viticulture, c’est l’agriculture. C’est une autre particularité du département des Alpes-Maritimes, c’est que c’est un département qui a priori n’est pas agricole, c’est ce qu’on évoquait plus ou moins pendant l’interview précédemment. Sauf que moi je suis partie en cours de route au lycée agricole aussi, pour éventuellement m’installer comme agricultrice, en plus de garder mon travail d’infirmière. Et donc à ce moment-là, j’ai découvert qu’au lycée agricole ici à Antibes, j’ai découvert qu’il y avait énormément de culture sur les Alpes-Maritimes. Et c’est très, très particulier parce qu’en France, vous avez des régions qui vont être des régions agricoles, soit viticoles, soit maraîchères, soit… l’élevage, toutes les cultures que vous voulez, mais qui vont être relativement ciblées sur une culture. Les Alpes-Maritimes ne sont pas ciblées sur une culture. Il y a presque toutes les cultures qui sont représentées. Je pense que celles qui sont le moins représentées, et encore il y en a, c’est dans le milieu de la mer. Il y a un peu de pêche. Malgré tout, c’est ce qui reste le plus anecdotique.

Vincent Dauby – Il y a de l’aquaculture.

1:91:0 Céline Dauby – Mais un petit peu d’aquaculture. Mais sinon, toutes les autres cultures sont présentes. Il y a de l’arboriculture, avec notamment l’oléiculture qui est très présente sur les Alpes-Maritimes, mais pas que. Il reste encore de l’horticulture, même si la fleur, c’est un peu la même chose. Mais il y a de l’horticulture. Il y a de l’horticulture. Il y a de l’horticulture. Il y a de l’horticulture. a beaucoup disparu, il en reste encore. Il reste de l’élevage, il reste de.

Vincent Dauby – La céréale, beaucoup de choses, du vin.

Céline Dauby – Et pas que sur Nice, sur les Alpes-Maritimes.

Vincent Dauby – Oui, il reste beaucoup de culture encore.

Céline Dauby – Et c’est vraiment propre à l’ensemble du département. Et c’est une richesse énorme que d’avoir peu de culture, mais d’en avoir presque toutes.

Vincent Dauby – Mais c’est aussi comme le nom du.

Vincent Dauby – Département, c’est les Alpes-Maritimes. D’un côté, on voit le Cap d’Antibes et de l’autre côté, on voit l’Argentera. Nice, la vieille pub qu’ils ont ressortie, la Grande Bleue ou la Piste Bleue, dans la journée, ils peuvent faire les deux, il n’y a pas de souci.

Vincent Dauby – Ski et plage.

Céline Dauby – C’est un peu le contraste de la ville de Nice.

Vincent Dauby – Il n’y a aucun endroit au monde.

Vincent Dauby – Où on peut faire ce genre de choses.

Céline Dauby – C’est une des choses que j’ai adoré quand j’ai découvert Nice, c’est cette ville de contraste. Vous avez d’un côté un bleu, le fameux bleu de Matisse, qui l’a bien représenté. Et puis, en un temps record, vous êtes à la montagne et là, c’est immaculé blanc. Vous êtes dans des régions très désertiques et puis d’un seul coup, vous vous retrouvez sur le bord de mer où là, il y a une densité affolante presque. Tout est en contraste et tout est en lumière, tout est en couleur. Et voilà, je trouve que c’est… Enfin moi, c’est une région que j’ai vraiment adoptée, même si je ne renie pas du tout la mienne, loin sans faux, mais j’ai adopté la ville de Nice et tout ce qui va avec, tout autour.

Vincent Dauby – Après, Nice, c’est une grande ville, ce.

Vincent Dauby – N’Est pas que du monde.

Jean-Raphaël Drahi – On s’en a bien compris, Vincent, que la grande ville, ce n’était pas forcément votre truc.

Vincent Dauby – Non, non.

Jean-Raphaël Drahi – On va terminer sur quelques questions un petit peu récurrentes. Alors attention, la plus compliquée, je l’attaque tout de suite. Chacun de vous, vous n’avez pas le droit de dire la même chose.

Vincent Dauby – Nice, en un mot, honneur aux dames.

Céline Dauby – Merci. Contraste.

Jean-Raphaël Drahi – J’en étais sûr, je l’attendais. Facile.

Julien Gérard – Vincent.

Vincent Dauby – Moi, Nice.

Vincent Dauby – Nice ?

Céline Dauby – Tu t’es pas trop lâché, là.

Julien Gérard – Moi, je serais troncé à l’accepter.

Vincent Dauby – Ah ouais ? Nice, c’est Nice.

Céline Dauby – C’est pas descriptif, c’est ça que vous voulez dire ?

Julien Gérard – Non, mais parce que Nice, on est dans une région avec une forte identité, tout comme Strasbourg. Fallait que je le dise.

Céline Dauby – Et la Bretagne.

Julien Gérard – Mais je veux dire, Strasbourg, c’est Strasbourg. Nice, c’est Nice. La Bretagne, c’est la Bretagne. La Corse, c’est la Corse. Mais après, il y a des villes… Je ne vais pas citer de régions, je n’en ai pas en tête, mais en plus, je ne veux pas me fâcher avec les habitants des villes en question.

Jean-Raphaël Drahi – Mais il y a des villes qui.

Julien Gérard – Ont beaucoup moins de caractère et d’identité que Nice peut en avoir. Donc moi, j’aurais tendance à accepter Nice. Bon allez, c’est Nice.

Jean-Raphaël Drahi – OK, on accepte.

Céline Dauby – C’est bien argumenté.

Julien Gérard – J’ai fait un gros if.

Céline Dauby – Merci pour Vincent.

Jean-Raphaël Drahi – Alors là, cette fois-ci, je pense que chacun bouge un peu les lignes. Alors aujourd’hui, moi, c’est comme J’aime beaucoup cette histoire de famille. Donc moi, j’accepte d’entrée, tu ne peux rien dire, que vous répondiez de concert tous les deux. Trois endroits où vous aimez aller. D’habitude, on sépare toujours les deux personnes, mais je ne peux pas vous séparer. Ça me ferait mal au cœur. Trois endroits où vous êtes, où vous aimez vous promener, vous balader, manger. Trois endroits où on peut vous croiser à un moment ou à un autre. Dans la région ? Oui, sur Nice et ses alentours. Interdit de me dire dans la vigne, parce que je sais que je vous retrouverai dans la vigne à un moment.

Vincent Dauby – Ou à un autre.

Céline Dauby – C’est dommage, parce que je pense qu’on aurait répondu ça en premier tous les deux. On a plein d’idées, je pense.

Vincent Dauby – Plein d’idées. Moi, j’aime bien Nice.

Vincent Dauby – Oui, pourquoi ?

Vincent Dauby – Parce que c’est…

Céline Dauby – Il y a un côté grouillant un peu.

Vincent Dauby – Il y a un côté grouillant, puis moi, j’adore l’effervescence, le Venice. C’est super, même s’y aller vivre, c’est l’enfer parce qu’il y a 50 000 touristes là-dedans au mètre carré.

Julien Gérard – Ça, c’est la fourchette basse.

Céline Dauby – Il y a à côté à la fois chaleureux, intimiste.

Vincent Dauby – La vieille ville, moi j’adore le Venice.

Jean-Raphaël Drahi – D’accord.

Céline Dauby – Moi, je peux dire le deuxième, je suis sûre que tu es d’accord avec moi, donc je prends pas trop de risques. Sur les pistes dans l’arrière pays avec notre 4×4.

Vincent Dauby – D’accord. Oui.

Céline Dauby – Là où ça passe le moins bien en général, on aime bien. Mais sans aller très loin, vers Bleusasque, il y a plein de trucs. Bleusasque pour Jean.

Vincent Dauby – Les alentours aussi, tu montes à Lothion.

Vincent Dauby – Et tu descends sur sa orge.

Céline Dauby – Bleusasque, c’est sur la vallée du Paillon, en allant vers Ascarène aussi. Pour Jean-Raphaël.

Jean-Raphaël Drahi – Merci beaucoup, c’est gentil. Troisième endroit.

Céline Dauby – La mer.

Vincent Dauby – La mer ?

Julien Gérard – Une plage en particulier ?

Céline Dauby – Ah non.

Jean-Raphaël Drahi – La mer.

Vincent Dauby – La mer, les rochers. Sur les rochers.

Céline Dauby – De toute façon, on n’a pas le choix.

Vincent Dauby – Que ça soit sur les rochers.

Céline Dauby – C’est pas comme en Bretagne.

Vincent Dauby – Les rochers du Cap Ferrat, que ça soit la Géantible.

Céline Dauby – Quand on était tous les deux.

Vincent Dauby – Que ça soit sur un bateau.

Céline Dauby – Et que les filles n’étaient pas nées. À l’époque, Vincent avait un scooter et il avait un chien aussi. Il n’a plus le chien, plus le scooter. Il a la femme et les filles, mais c’est pas si mal. Bref, on partait tous les deux avec le scooter et le chien et on allait sur des rochers un peu à l’abri. On aimait en général être dans des endroits relativement tranquilles et on allait se baigner à partir des rochers, effectivement.

Julien Gérard – Le scooter et le chien.

Vincent Dauby – Ouais, on garait le scooter comme ça.

Céline Dauby – On était pas embêtés.

Julien Gérard – C’était pas un Saint-Bernard, j’imagine.

Vincent Dauby – Non, non, non. Arrêtez les conneries aussi.

Céline Dauby – Déjà, si c’était un chien, c’était déjà pas si mal. Non, c’était un bon bâtard. Mais voilà, on partait tous les deux sur des rochers dans un endroit où il n’y avait pas trop de monde.

Vincent Dauby – Et puis même maintenant avec les filles.

Céline Dauby – On se fait un technique le soir sur n’importe quelle plage.

Vincent Dauby – Beaucoup de locaux, l’été, on voit pas de Niçois sur la plage.

Vincent Dauby – Ils y sont le soir.

Céline Dauby – Et puis quand même, la première fois qu’on s’est vus après notre salon, où on s’est rencontrés, c’est quand même sur.

Vincent Dauby – La promenade des Anglais.

Céline Dauby – Quand même.

Julien Gérard – Ah, rendez-vous sur la prom.

Céline Dauby – Non, t’es venu me chercher. Ah d’accord, ils s’en souviennent. Ça fait plaisir.

Julien Gérard – Mais moi aussi, avec mon épouse, devant le négrisco.

Céline Dauby – Eh ben non, nous, c’était devant l’éponchette. J’étais sur la plage, je t’attendais, on s’était donné rendez-vous sur la plage.

Jean-Raphaël Drahi – Et après, on avait été dans la prom.

Vincent Dauby – Rendez-vous sur la prom.

Jean-Raphaël Drahi – On y revient.

Julien Gérard – C’est moi qui ai trouvé le nom.

Céline Dauby – Oui, mais nous, c’est nous qui avons trouvé le nom. D’ailleurs, on se disait qu’il faudrait peut-être qu’on le dépose.

Vincent Dauby – Trop tard.

Julien Gérard – Est-ce que PROM c’est déposable ? Je ne sais pas, c’est déjà tellement utilisé.

Vincent Dauby – Pourquoi ça ne le serait pas ?

Julien Gérard – C’est très compliqué de déposer tes règles et tout.

Céline Dauby – Ouais, mais on nous a déjà proposé de nous renseigner.

Jean-Raphaël Drahi – On va vite se dépêcher de rentrer, on va déposer tout de suite. C’est vrai, c’est vrai, c’est vrai.

Julien Gérard – Puis on n’est pas dans le même domaine. Parce qu’après, pour déposer sur tous les domaines, il faut un sacré pactole aussi.

Vincent Dauby – Dernière question.

Julien Gérard – Une personne à nous conseiller pour une prochaine interview dans le podcast. Et vous n’avez pas le droit de citer le VNB, sinon on va tourner.

Céline Dauby – Un peu en boucle. Tout à l’heure, on en a évoqué deux, donc je ne sais pas. On en a déjà parlé avant l’interview. Est-ce qu’on en a évoqué deux ?

Julien Gérard – Alors il y avait un viticulteur, un autre caviste, c’est ça ?

Céline Dauby – Non, il y avait notre infographiste, celle qui fait nos visuels, qui a fait notre logo. Vous avez le droit à chacun un.

Vincent Dauby – L’autre.

Céline Dauby – Parce que je voulais faire la surprise, c’était pour ne pas dévoiler le nom.

Vincent Dauby – Alors.

Céline Dauby – Moi, je vais citer le mien. Pendant ce temps-là, Vincent va peut-être retrouver. Donc notre infographiste, c’est en plus, on en revient à la famille, parce que tout ça, ça reste en famille. C’est une maman d’un camarade de l’école du primaire des filles et son métier, c’est d’être infographiste. Et en fait, je lui ai demandé par hasard et elle a accepté de travailler pour nous. Et on n’a jamais regretté, ni Vincent ni moi, parce qu’elle fait des choses qui sont magnifiques. On a des compliments tout le temps, tout le temps sur nos étiquettes, sur nos cartes de vœux, sur tout ce qu’elle nous fait. On a toujours sur nos étiquettes d’huile d’olive. Et là, j’attends avec impatience qu’elle me fasse des étiquettes pour nos pots de pâtes d’olive, de confiture. De temps en temps, on fait un peu de confiture. Je la trouve extraordinaire, elle travaille avec beaucoup de passion, elle a un sens de la poésie qui nous convient bien, même si Vincent derrière son côté bien agriculteur bourru, il a une vraie sensibilité, le côté poésie me convient bien pour nous quatre.

Jean-Raphaël Drahi – Il y a un cœur derrière ce vigneron.

Céline Dauby – C’est ça, très sensible. Elle fait un travail qui est magnifique, tout en couleurs, joyeux et qui nous représente bien.

Julien Gérard – C’est noté.

Céline Dauby – Et Vincent, je l’aime, ce qu’il a trouvé de plus incroyable, le livre.

Vincent Dauby – Ah oui. Alors, qui faudrait aller voir, Vincent ?

Céline Dauby – Est-ce qu’il faut que je cite le nom de l’infographiste ?

Jean-Raphaël Drahi – Oui, vous pouvez.

Céline Dauby – Sandy Salin.

Vincent Dauby – D’accord.

Julien Gérard – Le rendez-vous est envoyé, Sandy Salin.

Vincent Dauby – Ou si elle peut, parce qu’elle connaît aussi très, très bien.

Vincent Dauby – Nice, il y a le département, parce qu’elle est historienne. Qui s’appelle ?

Céline Dauby – Une historienne, oui.

Vincent Dauby – Véronique, après le nom… Thuas Chaudron. Thuas Chaudron, qui maintenant travaille pour la Métropole.

Céline Dauby – Pour la Ville.

Vincent Dauby – Pour la Ville. Encore ?

Julien Gérard – Ils sont combien à travailler pour la Ville ?

Céline Dauby – C’est incroyable. Et en fait, elle a Pendant très longtemps, elle a enseigné toute sa carrière, en fait. Elle est plus près de la fin que du début, si je puis dire, de sa carrière. Est-ce qu’il faudra lui faire écouter ce passage ? Non mais ce dit très gentiment, il n’y a aucune arrière-pensée. Et en fait, ça veut dire qu’elle a quand même beaucoup d’expérience. Et ça, c’est super, surtout d’avoir autant de connaissances sur la ville de Nice, parce qu’elle a accumulé une masse d’informations et qu’elle sait parfaitement bien traiter. Et donc pendant toute sa carrière, elle a enseigné en histoire à la faculté de Nice, et elle a fait en parallèle des recherches. Et au bout d’un moment, même si elle adore l’histoire, ce n’était plus ça qui lui suffisait, elle voulait autre chose. Et en fait, elle se retrouve aujourd’hui à travailler, alors elle vous l’expliquerait bien mieux que nous, En gros, c’est un service qui évoque tout ce qui concerne le patrimoine de Nice, et donc elle travaille dans ce service-là pour valoriser le patrimoine de Nice.

Vincent Dauby – Voilà.

Julien Gérard – Invitation lancée.

Jean-Raphaël Drahi – Elle s’est bien notée.

Céline Dauby – Et elle est passionnée et passionnante.

1Jean-Raphaël Drahi – Merci beaucoup de nous avoir transmis cette passion, c’était incroyable et passionnant. Je le dis souvent, tout le temps, les gens passionnés sont passionnants et ça s’est révélé une fois de plus. On vous mettra tous les liens de toute façon dans l’épisode sur ce domaine et puis comme ça vous pourrez en savoir un petit peu plus même si déjà vous nous avez dévoilé beaucoup de choses et merci beaucoup pour ça.

Céline Dauby – Merci à nos collègues clients du V&B d’avoir pensé aussi spontanément et avec autant d’emphase à nous. Et puis, merci à vous de vous être donné de la peine de venir jusque dans ce petit coin un peu isolé de Nice, mais néanmoins bel et bien dans Nice. C’était un plaisir de vous rencontrer. Je pense que les filles étaient très fières de pouvoir parler au micro, donc on s’en souviendra.

Julien Gérard – Je crois qu’on n’est pas encore allé aussi loin en restant à Nice. On est allé faire une petite promenade vers Cannes pour enregistrer nos amis de Pambagna Création. Mais ils ont fait une marque de vêtements qui s’appelle Pambagna, alors qu’on s’est.

Jean-Raphaël Drahi – Dit on va faire une exception.

Julien Gérard – Il nous avait été aussi conseillé, on peut faire des liens vers des tas d’épisodes, par Vanne. une blogueuse qui a un blog avec plein de bons plans sur la Côte d’Azur. D’ailleurs, on pourrait lui dire de vous contacter parce que ça ferait un chouette article pour son blog.

Jean-Raphaël Drahi – L’amoureuse de Nice, qui est devenue une amoureuse de Nice. C’était super intéressant.

Julien Gérard – Et donc, je disais quoi ?

Céline Dauby – Que vous aviez été exceptionnellement à Cannes.

Julien Gérard – En restant sur Nice, je ne crois.

Vincent Dauby – Pas qu’on ait allé aussi loin.

Julien Gérard – Ça s’étend bien, Nice, quand même.

Céline Dauby – Là, on est au nord-ouest, mais après, au nord-est, ça va jusqu’à l’Ariane.

Vincent Dauby – Donc sur le paillon.

Céline Dauby – Et le Mont-Boron aussi, qui est sur Nice, qui n’est quand même pas à la porte à côté, l’aire de Lyon.

Vincent Dauby – Ça valait le coup d’aller jusque là.

Céline Dauby – Et voilà.

Vincent Dauby – Belle vue.

Julien Gérard – En plus, après l’orage, là, il y a…

Céline Dauby – Les lumières sont magnifiques.

Jean-Raphaël Drahi – Merci encore.

Julien Gérard – Merci beaucoup pour l’accueil. Merci aux auditeurs qui sont encore en ligne, qui écoutent encore. En général, c’est à ce moment-là qu’ils raccrochent, mais on a quand même des bonnes stats. En général, c’est écouté jusqu’à la fin. Merci à tous et on se retrouve dans 15 jours.

Jean-Raphaël Drahi – À très bientôt.

Rendez-vous sur la Prom

Rendez-vous sur la prom est le podcast qui part à la rencontre des Niçois qui font battre le cœur de la ville.

5e ville de France, blottie entre mer et montagne, Nice est une ville d’histoire, de tradition, mais toujours en mouvement. C’est aussi un endroit de rencontre, de partage où se rencontrent des habitants depuis plusieurs générations et de nouveaux arrivants bien décidés à profiter de la douceur de la baie des anges et du dynamisme de l’agglomération. Ce podcast leur donne la parole. Entrepreneur, artistes, commerçant, élus, nous allons à leur rencontre pour découvrir leur parcours, leurs inspirations et leur attachement à la ville.

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